A Lyon, les rythmes scolaires finalement c’est machine arrière

Le verdict est tombé : à plus de 53%, les écoles qui se sont prononcées pour l’un des deux scenarii proposé par la Ville de Lyon, ont choisi le retour à ce qui s’apparente le plus à la situation d’avant 2014-2015 soit le retour à la semaine de 4 jours, signant ainsi l’échec d’une réforme qui se voulait emblématique du quinquennat Hollande et allant ainsi à l’encontre du choix de la majorité municipale fait en 2014.

Depuis le début de la mise en œuvre de cette réforme dans notre ville, les élus du groupe Ensemble pour Lyon se sont opposés à la formule choisie alors avec le regroupement des activités périscolaires le vendredi après-midi déplorant son inefficacité quant à l’objectif premier de la réforme : l’amélioration du temps de l’enfant et des apprentissages.

Alors qu’il s’agit aujourd’hui de décider d’une nouvelle organisation scolaire pour la prochaine rentrée, ils déplorent qu’aucune réelle évaluation* n’ait été menée par l’Education nationale sur les apports de cette réforme et son efficacité pédagogique. Quant à la mission d’évaluation et d’information que notre groupe avait obtenue, sa présidente, ex-adjointe PS à l’éducation et désormais députée LREM, s’était surtout employée à éviter l’examen des résultats concrets et tout débat sur le fond.

Dominique Nachury était revenue lors du dernier conseil municipal sur la concertation menée sur cette organisation des rythmes scolaires à compter de l’année 2018-2019 en relevant le faible nombre de familles qui s’étaient exprimées, le choix binaire proposé entre peu ou prou la situation actuelle et la situation antérieure et finalement le peu de cas fait de l’intérêt de l’enfant.

Aujourd’hui, le sentiment qui prédomine est que le choix des conseils d’école s’est fait, tant pour les parents que pour les enseignants, non pas en retenant ce qui était mieux, mais ce qui leur semblait le moins pire.

Des interrogations fortes demeurent quant à la proposition du Maire de Lyon :

  • Sur la pause méridienne :
    • pourquoi le retour anticipé ne concernerait-il que les élèves de maternelle ?
    • comment feront les parents qui face à un coût de cantine élevé choisissent d’assurer eux-mêmes le déjeuner dès lors qu’ils ont un enfant en maternelle et un en élémentaire ?
    • pourtant le 29 janvier, l’adjoint à l’éducation disait en conseil municipal ne pas pouvoir faire de distinguo entre maternelle et élémentaire du fait des fratries…
    • quel impact d’un retour anticipé d’élèves sur la qualité des activités proposées aux enfants inscrits à la pause méridienne et pour laquelle les parents payent ?
  • Sur le temps périscolaire :
    • aucune information sur le coût des deux tranches horaires du soir alors que lors du conseil municipal du 29 janvier l’adjoint a déclaré que « le projet de l’ancien adjoint à l’éducation de la Ville de Lyon coûte 1,3 M€ de plus que les 2 scénarios que je propose ». Nous ne pouvons imaginer que l’exécutif soit dans l’incapacité de chiffrer des dépenses sans les recettes ; ce serait un signe de bien mauvaise gestion. A l’heure de la hausse des tarifs de cantines, l’information sur les tarifs qui seront pratiqués est importante pour les parents…
    • quid d’une possibilité de départ échelonné entre 17h30 et 18h30 ?
    • plus généralement, aucune information sur l’application de 6 ou 7 tranches de quotient familial pour le périscolaire.

Enfin, nous ne pouvons que regretter la disparition des Mercredis de Lyon (MeLy). Certes, ils avaient déjà connus un premier coup d’arrêt** avec la réforme Peillon-Hamon mais leur suppression va nuire aux enfants souvent de condition modeste qui en profitaient.

Stéphane Guilland, Dominique Nachury, Inès de Lavernée, Elodie Roux de Bézieux, Jean-Michel Duvernois, Jean-Pierre Dufour

 

* En juin 2017, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’Education nationale (DEPP) a publié une étude qui ne se veut pas « une étude d’impact global de la réforme sur les acquis des élèves » mais qui relève cependant « des effets d’une ampleur très limitée sur les apprentissages des élèves ».

** Mercredis de Lyon (MeLy)

Année

Inscrits

Evolution/n-1

2008

3 200

 

2009

3 300

3,13%

2010

3 300

0,00%

2011

2 800

-15,15%

2012

2 760

-1,43%

2013

2 766

0,22%

2014

998

-63,92%

2015

1 188

19,04%

2016

1 286

8,25%

Source : rapport du Maire, compte administratif

 

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