Agence Européenne du Médicament

Intervention de Pierre Bérat lors du conseil municipal du 23 octobre 2017 à propos de l’Agence Européenne du Médicament

 

Merci, Monsieur le Maire.

C’est une intervention pour prendre date, dans le cadre de notre Conseil municipal, sur un sujet qui va devenir d’actualité. Cette délibération porte sur deux subventions à l’association LUCI et à l’Agence d’urbanisme, qui apportent un soutien à notre Ville de Lyon dans le cadre du projet ROCK, comme cela vient d’être indiqué. Ce projet réunit des acteurs de villes européennes, pour mieux valoriser le patrimoine des quartiers historiques.

Nous soutenons bien évidemment ce projet, qui contribue au rayonnement international de Lyon, en offrant notamment une nouvelle opportunité de promouvoir le savoir-faire de la Ville et d’entreprises régionales en matière de mise en lumière des bâtiments et de sites urbains, et d’événements organisés autour de ce thème, comme la fête des Lumières, bien évidemment.

Nous avons vu ou nous verrons dans un rapport suivant que la coopération avec Hong Kong, que nous allons soutenir, est une démonstration et une autre illustration de cette expertise.

Plus globalement, notre conviction est que notre implication dans les projets et les processus européens est déterminante, si nous voulons continuer à affirmer Lyon comme l’une des grandes métropoles européennes. Cela m’amène à revenir sur un autre projet, qui sera d’actualité en novembre, et qui concerne un autre domaine d’excellence de notre ville, sans doute le premier, celui de la santé. Je veux parler de la relocalisation programmée d’EMA, l’Agence européenne du médicament, qui doit quitter Londres dans la perspective du Brexit.

Lyon s’était portée candidate pour accueillir cette institution. Il le fallait, tant cette agence est importante. Je rappelle que ce sont 900 fonctionnaires internationaux, qui vont quitter Londres. Elle a un rôle de coordination des agences nationales. Elle crée des liens constants avec la recherche et l’industrie. Elle est donc un facteur de rayonnement majeur en matière de santé.

Accueillir une telle agence aurait constitué un couronnement du formidable potentiel de notre région en matière de santé, qu’il s’agisse de ses établissements de soins, de ses laboratoires de recherche, de ses industries ou de son pôle de compétitivité. Vous le savez, Monsieur le Maire, vous qui avez profité de votre voyage à Francfort pour rencontrer des acteurs allemands du domaine de la santé, et qui connaissent tout l’intérêt de travailler avec notre région.

Franchement, Lyon avait toutes les qualités pour porter cette candidature française, et, ce faisant, pour donner à la France la possibilité de gagner l’Agence européenne du médicament. Je lis parfois que nous aurions eu trop d’atouts, qu’il y aurait eu trop d’acteurs sur Lyon et que cela nous aurait desservis. J’ai passé mon week-end à lire les évaluations. Je peux vous affirmer que Copenhague, Amsterdam ou Dublin ne se gênent pas pour mettre en évidence leurs pôles en sciences de la vie et en faire un des atouts majeurs.

Malheureusement, le gouvernement CAZENEUVE, dans les derniers jours de son action, a fait un autre choix, celui de Lille. Un choix sur lequel le Président MACRON et le nouveau gouvernement n’ont pas voulu revenir, alors qu’ils auraient pu le faire comme vous le pensiez, Monsieur KIMELFELD. Ce choix de la candidature française est une grande déception. Lyon semble avoir pâti de règlements de compte entre amis du PS, du nouveau et de l’ancien monde, je dirais. Quant à la non-révision de la décision, après l’installation du nouveau gouvernement, peut-être est-elle due à la préférence du Président MACRON pour la finance, en préférant jouer l’accueil de l’Autorité bancaire européenne, qui, elle aussi, sera soumise à une délocalisation.

Sur ce dossier, nous aurions aimé que notre ministre, Maire honoraire, qui se targue de suivre de près les dossiers lyonnais, l’ait fait aux mois de mai et de juin, pour aider à renverser les choses. C’est clairement pour Lyon une formidable opportunité ratée. Nous pouvons d’ailleurs nous étonner que cela n’ait pas eu davantage d’écho dans notre ville.

Nous devons maintenant espérer que Lille, qui porte la candidature française, soit retenue dans les semaines qui viennent – mi-novembre. Pour le rayonnement de Lyon, sur le plan économique et de la recherche, j’ai envie de dire : plus jamais ça.

Je vous remercie.

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