Aménagement de la Part-Dieu

Retrouvez l’intervention de Pierre BERAT lors du Conseil Municipal du 17 décembre 2018 sur l’aménagement de la Part-Dieu.

 

Merci, Monsieur le Ministre.

Notre Conseil municipal doit se prononcer sur le rapport de la SPL Lyon Part-Dieu. Cette société publique locale a reçu le mandat de la Métropole et de la Ville pour mener des opérations d’aménagement du projet urbain à la Part-Dieu.

Nous rappelons tout d’abord que le groupe les Républicains et apparentés est favorable à un projet urbain permettant de rénover la Part-Dieu, d’améliorer le fonctionnement du pôle d’échange multimodal, d’accroître la compétitivité du quartier d’affaires de dimension européenne, mais aussi et surtout d’améliorer et d’embellir le cadre de vie des 30 000 habitants du quartier.

Quand on examine les opérations sur lesquelles la SPL Part-Dieu intervient, il est difficile de rendre un avis global. Il y a du bon et il y a du moins bon.

Côté positif, il y a le développement du boulevard Vivier Merle, le réaménagement de la rue Garibaldi, la requalification enfin de la place de Francfort et bientôt une fonctionnalité améliorée pour l’entrée ouest de la gare côté place Béraudier.

Côté négatif, il y a toujours les habitants de la place de Milan qui sont contraints de s’en aller, la fermeture de l’accès à la rue Servient qui engendre des reports de trafic dans les rues résidentielles du quartier, le refus de créer une école au cœur de la Part-Dieu, et demain, la construction de la tour To-Lyon, qui sera certainement un choc pour les Lyonnais. Les goûts et les couleurs, on sait que cela varie, mais, ici, c’est Lyon, ce n’est pas Clermont-Ferrand.

Nous avons eu maintes fois l’occasion d’intervenir sur ces sujets et d’alerter en Conseil d’arrondissement, en Conseil municipal et à la Métropole.

Je dis que ce n’est pas Clermont-Ferrand, parce que la pierre de lave, c’est plutôt Clermont-Ferrand que Lyon. Je sais qu’il est 18 heures, mais il faut entretenir son appareil cérébral.

Je voudrais insister aujourd’hui sur l’une des missions de la SPL, à savoir les actions de communication, d’information et de concertation. Dès l’origine, j’avais contesté que cette mission soit confiée à la SPL. Je l’avais même fait lorsque je siégeais au Conseil d’administration de cette SPL.

En confiant cette mission à la SPL, c’est en quelque sorte une externalisation voire une privatisation de la mission d’information et de concertation. C’est une façon pour les élus en charge, qu’ils soient municipaux ou d’arrondissement, d’éviter d’avoir à se confronter aux habitants qui ne partagent pas les orientations du projet ou qui en supportent les conséquences en termes de travaux.

Nous comprenons bien qu’Emmanuel MACRON aimerait bien externaliser la concertation avec les gilets jaunes aujourd’hui. Mais nous comprenons bien que, sur le plan démocratique, cela pose un petit problème de fonctionnement.

Cette externalisation a deux inconvénients, un inconvénient budgétaire et un démocratique.

Au plan budgétaire, nous craignons un doublon qui n’est pas bon pour les dépenses publiques. Les élus et les agents municipaux sont salariés et indemnisés, mais, dans le même temps, on confie des moyens à la SPL pour conduire la même mission. Je souligne que, d’après votre rapport, les charges de personnel de la SPL sont passées de 1 à 1,5 million d’euros de 2015 à 2017, avec une équipe qui atteint maintenant 20 équivalents temps plein.

Avec Monsieur COLLOMB, quand on parle de croissance de la dépense publique, c’est aussi cela.

Et puis, il y a l’aspect démocratique. Il n’est pas bon que les élus se défaussent de leur responsabilité dans la conduite des projets urbains. Certains doutent de la pertinence des Mairies d’arrondissement. Je dois dire que ce n’est pas mon cas. Je pense qu’elles sont utiles pour la gestion d’équipements de proximité, mais elles sont surtout utiles pour être la caisse de résonance des affaires locales. Tout le monde sait bien dans cet hémicycle que, s’il n’y avait pas de Mairies d’arrondissement, certains sujets n’auraient jamais été posés sur la place publique.

Mais si les Mairies d’arrondissement ont cette vocation, encore faut-il qu’elles assument cette mission. Et c’est bien sûr aux élus d’arrondissement que d’organiser et de mener les échanges avec les habitants sur les grands projets.

Aussi professionnelles que soient les équipes des sociétés locales publiques d’aménagement, elles n’ont pas à remplacer les élus. De belles plaquettes de communication, de beaux films de promotion, ne doivent pas remplacer le débat démocratique.

Je vous remercie.

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