Arty Farty : nous voulons une vraie politique de prévention

Retrouvez l’intervention de Jean-Jacques David lors du conseil municipal du 25 mars 2019 pour réclamer une vraie politique de prévention dans les événements organisés par Arty Farty

 

Monsieur le Ministre,

À l’occasion de cette délibération qui concerne l’association Arty Farty, je voudrais revenir sur un sujet que j’ai eu l’occasion d’aborder en mai dernier avec votre prédécesseur. Il s’agit de la prévention des addictions de type drogue ou alcool dans les événements festifs que la Ville de Lyon peut être amenée à subventionner ou, comme ici, à héberger, puisque cette manifestation s’est déroulée à l’Auditorium, bâtiment municipal.

À la suite d’un article publié il y a près d’un an par Médiacités, il ressortait que l’association Arty Farty était dans une posture de déni quant à la nécessité de mettre en place des actions de prévention, et je parle bien de prévention, et non pas d’une action comme l’on peut voir parfois, qui pourrait s’apparenter plus à de l’encouragement à la consommation de stupéfiants, par exemple, à travers la distribution de kits de consommation.

J’avais alors souhaité, au nom de notre groupe, qu’à partir du moment où notre collectivité accompagnait un événement susceptible d’avoir des participants avec des conduites addictives, elle demande alors aux organisateurs de s’engager pleinement dans les actions de prévention. Votre Premier Adjoint aujourd’hui, alors Maire de Lyon, m’avait indiqué qu’une large réflexion sur ce sujet devait être menée notamment avec les services de l’État. Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Questionné en commission, votre Adjoint nous a parlé de sessions de formation pour les organisateurs d’événements. Outre le fait que ce soit un peu court, certains sont plus ou moins réceptifs d’une part à ces formations et d’autre part à la nécessité d’agir en termes de prévention. Et Arty Farty semble être plutôt dans le moins réceptif.

Élu du 6e arrondissement qui malheureusement a été le théâtre de plusieurs accidents routiers, certains mortels, dus à des individus sous l’emprise de produits addictifs, je ne peux que condamner une telle attitude.

Sur l’événement dont nous débattons, j’ai noté un dispositif de sécurité sanitaire renforcé, ainsi que l’interdiction de la vente d’alcool fort. Sur ce dernier point, je ne crois pas que l’Auditorium dispose d’une licence autorisant à vendre de l’alcool fort, ce qui relativise quelque peu cette interdiction. Et si je voulais être taquin, c’est plutôt l’eau que prennent les consommateurs de MDMA, communément appelée ecstasy.

Monsieur le Ministre, vous avez été en charge de la sécurité de notre pays pendant un peu plus de 16 mois, vous avez pu mesurer les ravages que pouvaient causer l’usage des produits illicites, que ce soit dans les conséquences pour les personnes mais également en termes d’économie souterraine.

Aussi, étant donné que la Ville participe à hauteur de près de 367 000 euros au Festival des Nuits sonores qu’organise cette association et qui se déroulera fin mai, début juin, nous vous demandons une vraie politique de prévention à cette occasion. Car, si votre délibération de mars 2018, relative à la convention triennale entre la Ville et cette association disait que « le festival se positionne aujourd’hui parmi les grands rendez-vous électroniques européens donnant à notre Ville l’image d’une grande métropole porteuse d’un message de modernité et de jeunesse », nous ne croyons pas que ce soit incompatible avec un message de santé publique, bien au contraire.

Dans l’attente de preuves de cette prise de conscience par Arty Farty, nous nous abstiendrons.

Je vous remercie.

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