Retrouvez l’intervention de Laurence Balas lors du conseil de la Métropole du 28 janvier 2019 :

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Voici donc le second budget de notre collectivité qui porte votre marque, monsieur Kimelfeld, et c’est aussi en quelque sorte le dernier du mandat de cette majorité constituée en 2014. Et ce budget, nous avons envie de le qualifier, tout au moins de qualifier sa présentation d’artificielle.

 

Artificielle parce qu’en termes de fiscalité, vous affichez une progression de recettes inférieure à 2 % contre environ 3 % les années précédentes, progression que l’on retrouve si on laisse les recettes de la TEOM au même niveau que l’an passé.

 

Par crainte d’être amené à rembourser les plaignants, vous préférez en effet vous mettre désormais au diapason des exigences du Juge administratif en diminuant cette taxe de 21 M€. Tant mieux mais pendant des années, votre prédécesseur a préféré ignorer les décisions de justice et continuer à ponctionner toujours plus les Grand Lyonnais selon son mantra désormais bien connu « ça ne fait que quelques euros de plus ».

 

Parallèlement, les autres recettes fiscales (hors taxe d’habitation et taxe foncière) explosent, du fait, en grande partie, des droits de mutation qui sont passés, entre 2015 et 2019 de 199 M€ à 327 M€. On pourrait se dire que c’est bien, c’est de l’argent qui rentre pour la collectivité, mais c’est un raisonnement à courte vue, car si ces droits augmentent, cela signifie aussi un renchérissement du coût de l’immobilier dans notre agglomération et donc des difficultés supplémentaires pour certains de nos concitoyens à se loger. C’est aussi une recette très volatile qui peut varier fortement selon la conjoncture.

 

Mais nous craignons aussi que certaines recettes soient surestimées comme celle de la taxe de séjour par exemple. Samedi après-midi, la cohue s’est encore installée en centre-ville et cela a évidemment des conséquences sur l’activité touristique comme cela a été le cas fin 2018. Il y a un risque réel pour l’attractivité de notre Métropole, sans compter les impacts sur les commerces en cette période de soldes alors même que leur activité de décembre avait déjà été chaotique.

 

Artificiel aussi votre budget car vous présentez une baisse des dépenses de fonctionnement d’un peu plus de 1 %. Alors nous étions plein d’espoir, nous pensions que vous aviez enfin décidé de couper dans des dépenses inutiles comme, par exemple, l’appartement de la Métropole loué à Paris, dont le coût est de plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année et dont vous avez reconnu, vous-même monsieur Kimelfeld, l’autre jour lors d’une interview au Figaro, que cet appartement ne servait plus à grand-chose en l’état.

 

Mais non, ce n’est pas cela ! Il s’agit juste d’un transfert de subventions aux ZAC qui passent du budget de fonctionnement vers celui d’investissement. Autrement, nous aurions toujours une hausse d’environ un demi-point des dépenses. L’avantage de ce tour de passe-passe budgétaire est de sortir ces sommes du périmètre de la contractualisation. Alors nous espérons au moins que ceci vous permettra de venir en aide à notre collègue Xavier Odo qui cherche désespérément des solutions pour le financement du déficit de sa ZAC de Chantelot, héritage de son prédécesseur et du vôtre également, monsieur le Président.

 

Ce budget est également la traduction de l’échec de la politique de maîtrise de l’immigration au niveau national, politique de celui qui à l’automne déclarait : « J’ai quitté la place Beauvau car je considérais que ma mission était terminée ». Conséquence : la politique publique « enfance et famille » bondit de plus de 23 % en dépenses de fonctionnement, bond dû en très grande partie à l’accueil des mineurs non accompagnés. Cette tendance était déjà amorcée courant 2018. Mais cet échec politique a d’autres effets néfastes comme celui de l’embolisation de nos structures d’hébergement d’urgence et nous sommes ainsi lancés dans une fuite en avant sans que nous puissions y voir une quelconque issue.

 

Artificiel toujours votre budget à travers ses investissements car, si vous affichez une meilleure prise en compte de la PPI, c’est toujours du trompe-l’œil car, compte tenu de votre taux habituel de réalisation et du retard qui a été pris dans l’exécution de celle-ci, vous ne pourrez pas atteindre vos objectifs. D’ailleurs, à l’heure où la mobilité est une question récurrente, madame Fouziya Bouzerda en a parlé tout à l’heure, qu’est-ce qu’on constate ? Que les dépenses d’investissement sur cette politique publique sont en baisse de près de 17 %.

 

Enfin, ce budget ne répond toujours pas aux promesses initiales de la Métropole, à savoir, comme le déclarait son premier Président en décembre 2014, je le cite : « atteindre une plus grande efficacité pour aboutir à des redéploiements et générer des économies ».

 

Voilà, monsieur le Président, les quelques remarques que nous souhaitions faire. Alors même si nous n’arrivons pas être aussi critiques que l’a été monsieur Bret, contrairement à Max Vincent, nous voterons ici, conformément à nos convictions et nous voterons donc contre votre proposition de budget.

 

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