Compte Administratif 2017

Monsieur le Président, mes chers collègues, après cette présentation des comptes de la Métropole, nous pourrions avoir deux choix : soit abandonner face à leur grande complexité, soit s’en tenir à votre analyse qui pourrait se résumer ainsi : « Tout va très bien. ».
Seulement voilà, j’essaie toujours d’aller un peu plus loin que votre présentation idéalisée et c’est donc un troisième choix que je vais développer, celui d’une analyse quelque peu critique qui nous amènera à voter contre ce compte administratif –vous y êtes habitués–.
Alors, vous nous dites, la capacité d’autofinancement est en augmentation mais c’est après retraitement sinon, elle est stable.
Vous nous dites que les dépenses de fonctionnement progressent modérément mais en réalité beaucoup plus qu’entre 2015 et 2016.
Vous vous enthousiasmez sur votre investissement mais quand on s’attarde sur les 381 M€ de crédits de paiement issus de la PPI, on s’aperçoit que 31 % viennent de la PPI de 2008 à 2014. Nous sommes juste mi-2018. Il reste encore 300 M€ de crédits de paiement à venir sur les autorisations de programme de cette ancienne PPI. Alors, je pense, mesdames et messieurs les Maires, que malheureusement un certain nombre d’entre vous risquent d’être déçus par le fossé entre les engagements qui ont été pris et la capacité de la Métropole à les mettre en oeuvre.
Revenons donc à vos dépenses de fonctionnement qui, heureux hasard, croissent de 1,2 %, de quoi quasiment rentrer dans les clous du pacte de contractualisation de l’État que vous allez signer.
Si on regarde plus en détails, on s’aperçoit cependant que vos résultats sont heureusement améliorés par des éléments exceptionnels : 58 M€ de cessions, soit 38 M€ de plus que l’année dernière –qui ne se reproduiront pas en 2018– et aussi par des frais financiers en baisse après un retraitement plus que discutable de la gestion de la dette –même si j’ai eu des explications, c’est vrai qu’elles sont un petit peu compliquées– ; il s’agit tout de même de 21 M€ de dépenses qui disparaissent des comptes pour faire atterrir, encore une fois presque miraculeusement, les dépenses réelles de fonctionnement à 1,2 %.
Quand il y a des recettes exceptionnelles, vous les laissez dans les comptes mais quand il y a des dépenses que vous dites exceptionnelles, vous préférez les retirer. Ce n’est tout de même pas très équilibré.
Alors, il vaut mieux s’en tenir, pour analyser votre gestion, aux seules dépenses de gestion, donc en dehors des frais financiers et des frais exceptionnels. On constate bien là un « effet ciseaux », les recettes augmentent de 0,8 % et les dépenses de 2,5 %.
Les remarques sont toujours les mêmes et donnent un sentiment persistant et déjà dit ici de non maîtrise de vos dépenses et d’une navigation au jour le jour que nous constatons chaque année.
Quasiment aucune référence au plan marges de manoeuvre dans votre présentation, si ce n’est pour nous faire part d’une hausse de recettes sur la dépendance suite à l’augmentation du nombre de contrôle d’effectivité, preuve étant ainsi faite de l’utilité de ces contrôles.
Nous ne pouvons que vous encourager sur ce sujet, d’autant que nous le voyons, les dépenses sociales ont tendance à prendre le pas sur le reste, puisqu’elles passent de 29 à 31 % du total des dépenses cette année. Cette question d’une refonte des aides sociales doit être abordée tant au niveau national que local mais d’une manière apaisée, ce qui n’a pas été le cas dans le débat national de ces dernières semaines.
Mieux aider les personnes en recherche d’emploi ou confrontées au vieillissement implique de mieux gérer la distribution de ces aides. Si on parle de l’insertion, tout tourne toujours autour du RSA et sa distribution représente 92 % des dépenses. Les vraies actions d’insertion sont donc de moins de 8 % de ce total.
Y a-t-il eu d’autres axes d’efforts cette année ? On ne voit pas grand-chose et cela se traduit dans les chiffres. Par exemple, les charges à caractère général sont en hausse de 4,2 % avec des variations importantes pour certains postes, comme les prestations de service qui augmentent de 36 %, les frais de colloques et séminaires qui augmentent de 26 % ou les fournitures d’entretien qui augmentent de 37 % –pour ne citer que ceux-là–.
Comment est-ce encore possible, après plusieurs années à vous entendre de grande rigueur, d’avoir des hausses de ce type ? Alors, oui, je sais, encore une fois, il y a les fameux retraitements qui rendent les comparaisons difficiles d’une année sur l’autre, dites-vous. C’est décidément votre arme fatale, votre joker, quand on ne sait pas bien répondre, c’est : « On a retraité donc on ne peut pas comparer ».
Une chose est certaine c’est qu’année après année, nous vous le répétons, la Métropole est devenue une collectivité de fonctionnement plutôt que d’investissement, sans pour autant être plus efficace et cela nous inquiète sur un certain nombre de sujets.
Alors, monsieur le Président, en conclusion, je dirai qu’en lisant votre déclaration pour le moins surprenante début juin à Sciences Po où vous envisagez, dans vingt ans, de fusionner la Métropole avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nous préférerions que vous vous attachiez à ce que notre collectivité soit réellement opérationnelle dans toutes ses compétences, ce qui ne semble pas être encore le cas.
Je vous remercie.

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