Cours d’Herbouville

Moi je vais vous parler d’un autre sujet qui a fait aussi l’objet d’une concertation, qui est le Cours d’Herbouville. Vous avez organisé le 14 novembre dernier et j’étais présent à cette réunion de concertation, un échange sur trois scénarios que vous proposez concernant les aménagements du Cours d’Herbouville. Première remarque, je dois dire que son déroulement a montré quand même, les limites d’un exercice qui confronte d’abord ceux qui sont directement impactés par les mesures choisies, c’est-à-dire ceux qui habitent sur le Cours ; puis ceux que l’on pourrait considérer comme des intervenants extérieurs, ce qui n’est pas péjoratif, mais en tout cas des gens qui ne sont pas concernés directement même s’ils ont, ils peuvent, avoir un avis sur un certain nombre d’aménagements. Souvent, ils défendent des vertus d’une ville idéale sans voiture, sans pollution, tout le monde à vélo ou à pied etc. Et je ne rentre pas dans le détail de ceux qui sont intervenus. Je veux croire que votre premier souhait est de prendre en compte toutes les attentes bien sûres, y compris, et je dirais même, surtout celles des habitants qui habitent sur ce Cours et qui sont directement impactées par vos choix. Vos choix sont dictés par l’intérêt général, au-delà de tout intérêt politique et préoccupation électorale. Durant la réunion, il y a deux problématiques qui ont été soulevées principalement, je dirais presque essentiellement, c’est le stationnement et la pollution. À ce sujet d’ailleurs, je m’étonne que vous refusiez de faire un comptage des voitures, puisque vous en avez réalisé un le matin à 7h00, et que vous refusez de faire un comptage des voitures en soirée. Comptage réalisé à de nombreuses reprises par le collectif que vous connaissez, le  Collectif des Habitants du Cours d’Herbouville », j’y reviendrai tout à l’heure, qui prouve le manque de places de stationnement. Vous vous êtes limité à ce décompte à 7h00 du matin, sans grand intérêt puisque c’est l’heure à laquelle beaucoup de gens partent ou sont déjà partis. La question c’est, pourquoi vous voulez absolument prouver par des chiffres – dont on sait qu’ils sont erronés- qu’il n’y a besoin que de 195 places, alors qu’une cinquantaine de véhicules cherchent à trouver une place le soir quand ils rentrent chez eux sur le Cours d’Herbouville. Ce refus de baser une analyse sur des données chiffrées objectives et incontestables est pour moi, je vous le dis, c’est tout à fait incompréhensible. Si on fait une étude à 7h00 du matin, on peut très bien en faire une à 19h00 ou à 20h00 le soir. Je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas la limite des deux, à moins que ce soit dicté par d’autres considérations, mais ça je ne veux même pas le croire. Vous proposez aujourd’hui trois scénarios. Je ne vais pas rentrer dans le détail des trois scénarios. Je rappelle qu’en juin 2016, l’association ÔceCours avait déjà émis un avis. Ils avaient réalisé un sondage montrant, que moins de 16 % des habitants souhaitaient une modification du stationnement sur le terre-plein dehors. Aujourd’hui, l’autre étude qui a été faite -et j’y reviendrai- par le collectif du cours d’Herbouville, montre que 87 % des foyers qui se sont exprimés sont opposés au scénario trois qui pourtant semble avoir votre préférence. Je rajoute d’ailleurs que dans cette étude, ce sont 114 foyers qui se déclarent avoir un véhicule mais sans parking privatif, ce qui montre que ça fait beaucoup de monde quand même. Là, le taux de rejet du scénario trois il est de 94 %. Ce sont eux qui sont les principaux impactés puisqu’ils ne trouvent pas de place de stationnement. Alors vous disiez pendant la réunion, j’ai bien noté, que votre responsabilité c’est justement en tant qu’élu de prendre des décisions, oui j’en conviens. Mais comment prendre une décision aussi massivement rejetée par les habitants qui sont concernés ou impactés directement par ces décisions ? Tout ça me fait penser, et ça été soulevé à deux reprises déjà, à une situation nationale que l’on connaît tous, et que l’on peut regretter. L’autre problématique soulevée par les participants est le problème de la pollution. Beaucoup d’ailleurs, ont suggéré de profiter des travaux pour étudier la pérennisation d’une circulation à une seule voie sur le nord du Cours. Cet essai aurait permis de juger l’impact d’un tel aménagement mais vous l’avez refusé aussi. Ensuite, il serait illusoire de vouloir réduire la pollution, en réduisant uniquement le stationnement. Les gens qui ont un besoin impératif de voiture et il y en a, ne feront que tourner et retourner en soirée, avec un effet direct et négatif, bien sûr sur la pollution. On ne peut qu’insister sur l’intérêt de profiter de ces travaux actuellement en cours, pour envisager une expérimentation ambitieuse de circulation, de ne pas se limiter à une simple approche restrictive et punitive du stationnement. Alors on prend bien bonne note que vous avez refusez le scénario un, bien qu’il était soutenu par 61 % des participants à l’étude. On peut le regretter. On a bien noté que votre préférence va sur le scénario trois, purement punitif, et qui est pour une grande majorité des habitants tout à fait inacceptable, comme l’étude l’a montré. Il reste le scénario deux, qui pourrait être une solution responsable de compromis, dans une première étape, je vous rappelle que lors de la présentation de ces trois scénarios à l’époque en 2016, vous aviez indiqué que cela pourrait être un processus évolutif, étape par étape. Pourquoi ne pas partir sur ce scénario deux, tout en prévoyant de lancer à l’issue des travaux, des expérimentations de circulation, qui dans une prochaine étape pourraient ouvrir d’autres perspectives d’aménagement de surface ? Ce scénario deux je le rappelle, respecterait a minima les attentes des habitants. Il s’intégrerait dans une politique de réduction de l’espace dédié aux voitures avec plus de 30 % de places de stationnement en moins quand même, tout en assurant un espace de circulation sécurisé aux cyclistes et aux piétons. J’ose espérer que votre choix sur le Cours d’Herbouville ne se fera pas au détriment des habitants et que leur parole sera entendue. En ce qui nous concerne, nous y serons très attentifs.

 

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