Crèche : jusqu’à combien le berceau ?

Intervention de Jean-Jacques DAVID lors du conseil municipal de Lyon du 26 mars 2018 à propos de la crèche du parc Sergent Blandan

Mes chers collègues,

Je raccrocherai cette délibération à celle relative à la création de 30 berceaux sur la ZAC de l’Industrie dans le 9e. À travers ces deux délibérations, relatives au lancement des opérations de réalisation de crèches, ce sont des promesses de campagne que vous tâchez d’honorer, et, dans ce domaine, c’est tant mieux. D’autant que cela concerne des arrondissements où l’évolution de la population infantile est forte et le taux de couverture est inférieur à la moyenne de la Ville.

Si, sur l’EAJE de la ZAC de l’Industrie dans le 9e, nous n’avons pas de remarques particulières, il n’en est pas de même pour celui du 7e sur le site de Sergent Blandan. Ce sont d’ailleurs des observations que nous avons déjà formulées tant en Commission qu’en Conseil du 7e arrondissement, mais je vais les reprendre, car il me semble important que, tous ici, vous les entendiez.

Revenons quelques instants en arrière, au temps de cette campagne électorale de 2014. Quelle était votre promesse exactement, Monsieur le Maire, ou plutôt celle de Monsieur COLLOMB ? Transformer l’école du Docteur Crestin, devenue inutile par l’arrivée de l’école Julie-Victoire Daubié en crèche de 26 à 36 berceaux, dixit le programme de votre majorité.

Mais, patatras, bien que disposant d’un observatoire de prévision du nombre d’enfants à scolariser et assurant la délivrance de permis de construire, cette nouvelle école se révèle trop petite et, deux ans après sa fermeture, il faut rouvrir l’école du Docteur Crestin.

Comment donc honorer cette promesse, qui s’avère être une vraie nécessité pour le quartier, car le nombre d’enfants à scolariser augmente, celui de la classe d’âge précédente également. C’est donc du côté du Parc Blandan que s’oriente votre regard, et il existe des bâtiments non utilisés. Seulement voilà, compte tenu de l’état du bâtiment choisi et des contraintes imposées par les Bâtiments de France, nous voici avec des berceaux dont le coût unitaire est quasiment en or massif.

Si, côté 9e arrondissement, le coût annoncé est près de 36 000 euros par berceau, côté 7e, c’est plus de 58 000 euros par berceau, soit 62 % de plus. Bref, ce sont 2,1 millions d’euros que vous souhaitez affecter à cette crèche, soit un cinquième de ce que vous aviez inscrit dans votre Plan d’équipement pour la rénovation des Petites Serres, qui, nous semble-t-il, ont un intérêt patrimonial un peu plus fort, tant au point de vue architectural que des collections qu’elles abritent.

Pouvons-nous continuer indéfiniment comme cela à supporter les oukases de gens qui ne participent en rien au financement des obligations qu’ils imposent ?

À l’heure où les collectivités locales se doivent d’être économes, c’est une vraie question qui devrait interpeller les parlementaires qui siègent sur ces bancs.

Votre Adjointe nous indiquait en Commission que certaines communes avaient décidé de s’affranchir de ces diktats. Faut-il les suivre et être hors la loi ?

Ce qui est dommage, c’est qu’après avoir connu l’effondrement fortuit de la Halle de la Navigation il y a quelques années, il n’en soit pas de même pour ce bâtiment. Pourtant, nous l’avons vu récemment, pas très loin du site de Blandan, que ce soit pour la fresque de Diego Rivera ou le mur courbe de Georges Adilon. Voici deux œuvres d’art qui ont été démolies avec le concours des collectivités.

Nous avons une question simple, Monsieur le Maire, avez-vous fixé un seuil maximal de coût par berceau au-delà duquel vous considérez qu’il serait déraisonnable de le réaliser ?

Nous vous remercions de votre réponse.

Partager sur :Tweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Share on FacebookEmail this to someone