Déclassement A6/A7 : pas de palliatifs corrects

Retrouvez l’intervention de Stéphane Guilland lors du conseil municipal du 1er juillet 2019.

Monsieur le Ministre,

Avec ce dossier relatif au réaménagement du quai Perrache, nous actons les premières mesures concrètes consécutives au déclassement de l’A6-A7 devenue M6-M7 lundi dernier.

Les élus du groupe Ensemble pour Lyon approuveront bien évidemment ces travaux de réaménagement qui concernent la partie du quai coincée entre le quartier de Perrache et l’ex-A7 et préfigurent le visage du quai dans son ensemble à horizon 2030, 2040, voire 2050.

Car c’est là, Monsieur le Ministre, la limite de ce dossier. Lors du déclassement de l’A6-A7, nous avions, tant à la Ville qu’à la Métropole, dénoncé vos capacités de prestidigitateur, capable de faire disparaître d’un claquement de doigts quelque 65 000 véhicules sur les 115 000 véhicules utilisant chaque jour cet axe.

Vous nous aviez alors expliqué que :

  • Le trafic de transit, soit environ 15 000 véhicules jour disparaîtra de gré ou de force, les habitants de l’Est lyonnais apprécient, puisqu’avec l’abandon du COL, c’est chez eux que le report se fera, quoiqu’en dise Monsieur DA PASSANO à la Métropole ;
  • Le reste, soit quand même 50 000 véhicules jour, devra s’évanouir entre covoiturage et transports en commun dans les bus diesel du SYTRAL.

Pourtant, l’État a confirmé qu’aucune réduction de voirie, et donc de trafic, n’interviendra sur l’axe déclassé tant que les solutions alternatives ne seront pas opérationnelles.

Les prévisions des lignes de bus à créer sont aujourd’hui très loin du compte et tout le monde s’entend pour dire que les parkings relais prévus au nord à La Garde comme au sud à Yvours sont totalement sous-dimensionnés.

Une diminution significative du trafic ne saurait être envisagée sans la réalisation du tronçon ouest du périphérique devenu Anneau des Sciences pour mieux faire oublier la longévité de ce projet.

Vous l’avez affirmé à plusieurs reprises ces derniers temps, Monsieur le Ministre, on peut vous reconnaître une certaine constance. Lors de la campagne électorale de 2001, vous aviez promis sa réalisation, sa gratuité et son caractère enterré. Seul ce dernier qualificatif a effectivement été atteint, mais non dans le sens initial d’enfouissement où vous l’entendiez alors. Dommage que vous n’ayez pas tenu cette promesse en 2001. La qualité de vie des Lyonnais en aurait certainement été très différente aujourd’hui.

Réaliser l’Anneau des Sciences est aujourd’hui une priorité. Ceux qui disent le contraire nient la réalité des faits. Pour autant, le temps que vous avez perdu puisque nous sommes sur un tracé qui remonte aujourd’hui aux années 90 laissera à votre successeur une tâche très complexe : réaliser en priorité cet équipement lourd, dont le montage financier est compliqué.

Reporter au lendemain ce que l’on peut faire le jour même n’est jamais bon. Vous nous en donnez une belle preuve.

Je vous remercie.

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