Déclassement de l’A6/A7 et bouchons

Intervention de Stéphane Guilland lors du conseil municipal du 23 octobre 2017 à propos du déclassement de l’A6/A7

 

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Le 23 septembre dernier, un convoi exceptionnel venait s’encastrer dans la voûte du tunnel de Fourvière, entraînant des dégâts considérables et la fermeture du tube nord-sud pendant plusieurs jours.

Depuis plusieurs mois, nous attirons votre attention sur le fait que le déclassement du tronçon d’autoroute A6/A7 traversant Lyon ne se décrète pas, mais s’anticipe.

Je profite de cette intervention pour redire, une fois encore, que le déclassement, auquel nous sommes totalement favorables, ne sera possible qu’à condition d’offrir une alternative réelle au trafic. Si les alternatives pour le trafic de transit, qui représentent aujourd’hui, je le rappelle, quelque 15 000 véhicules par jour sont assez raisonnablement imaginables, celles permettant de faire disparaître 50 000 véhicules par jour d’un trafic local sont nettement moins évidentes.

Ce n’est pas pour paraphraser un illustre homme en sautant sur sa chaise comme un cabri en disant : « Pas de voiture, pas de voiture ! », que nous allons y arriver.

L’accident du 23 septembre aura permis à chacun de se rendre compte des conséquences d’une diminution sensible du trafic dans le tunnel. Si, au soir de l’accident, c’est tout l’ouest de Lyon qui a été paralysé, et notamment les 9e et 5e arrondissements, il convient d’analyser ces reports de trafic dans les jours qui ont suivi, alors que le tube était partiellement rouvert. Si le bouchon à l’entrée nord du tunnel était quasiment permanent, les quartiers de Vaise et de Point du Jour, mais aussi les rues de Tassin, de Sainte-Foy, d’Oullins ou de la Mulatière, ont connu un trafic particulièrement soutenu. Dans le même temps, la rocade est était proche de la saturation avec une voie de droite occupée par une file continue de poids lourds.

Ces faits, Monsieur le Maire, démontrent, si besoin était, que le déclassement envisagé ne pourra devenir réalité, tant que le trafic n’aura d’autre solution que de venir asphyxier nos quartiers et les poumons des Lyonnais.

Nous avons eu maintes fois l’occasion de le dire, cette offre alternative passe au minimum par deux aménagements indispensables : le bouclage du périphérique lyonnais, avec la construction du tronçon ouest du périphérique, pourtant promis en 2000 par votre prédécesseur, et le bouclage d’un contournement par l’est. Si votre prédécesseur semblait convaincu de la nécessité de ces aménagements, il restait très évasif sur leur financement et sur les délais de mise en œuvre. Il vous appartient aujourd’hui, Monsieur le Maire, d’apporter des gages aux Lyonnais, pour que l’asphyxie temporaire du trafic qu’ils viennent de vivre ne devienne pas demain leur quotidien. Sinon, vous serez comme votre collègue parisienne, qui ne réussit pour l’instant qu’une seule chose : déplacer les zones polluées.

Je vous remercie.

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