Décrocheur de portrait présidentiel : pourquoi la Ville n’est pas partie civile ?

Retrouvez l’intervention de Pascal Blache lors du conseil municipal du 23 septembre 2019 :

Monsieur le Maire, chers collègues,

Quelques mots en résonance avec ceux exprimés tout à l’heure par Stéphane GUILLAND et suite à votre intervention, notamment sur la concorde civile et aussi suite à votre expérience de ministre de l’Intérieur. En effet l’occasion de ce compte rendu de vos décisions, dont celles d’ester en justice, cela me fait m’interroger sur votre volonté, par votre intermédiaire, de la Ville de Lyon, de faire respecter la loi. J’en veux pour preuve le récent jugement du Tribunal correctionnel de Lyon relaxant ceux que l’on nomme les décrocheurs de portrait présidentiel. Cela concernait l’incident qui est arrivé chez notre collègue Denis BROLIQUIER à la mairie du 2e arrondissement, au mois de février. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir du Président de la République, il y a des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas. Décrocher le portrait du Président de la République au motif d’une revendication, ça ne se fait pas. Comme le disait Jean-Eric SCHOETTL, conseiller d’État honoraire et ancien Secrétaire du Conseil constitutionnel, dans une tribune qu’il a publiée, c’est donc « un dommage considérable à l’ordre public immatériel, sans lequel aucune société ne peut vivre. »

Nous-mêmes, dans le 6e, fin mai, avons pu empêcher une action similaire grâce à la célérité des agents de la mairie d’arrondissement, qu’ils en soient ici publiquement remerciés. Une plainte a d’ailleurs été déposée. Dans l’affaire du 2e arrondissement, passons sur la décision de relaxe du Tribunal qui, heureusement, fait l’objet d’un appel du Parquet. Attardons-nous sur les attendus du jugement, et plus particulièrement, le dernier qui souligne, je cite, « l’absence de constitution de partie civile de la commune de Lyon », jetant par ailleurs un doute sur sa volonté de récupérer son bien.

Même si la cause écologique n’est plus une option, mais bien un sujet majeur pour notre société, aucun sujet ne peut légitimer une atteinte aux règles de la République française. C’est donner un très mauvais signal dans un moment où les relations interpersonnelles se durcissent à tous les niveaux. Je pense que l’ensemble des élus présents ici s’en rendent compte sur le terrain. Comment voulez-vous ensuite que nos concitoyens soient respectueux du bien public, si ceux qui en sont dépositaires ne réagissent pas ? Non, vraiment, Monsieur le Maire, sans agressivité, vous devez être le premier à réagir fermement pour garantir la sécurité de l’ensemble des habitants de la Ville de Lyon et je tenais, comme Maire du 6e arrondissement, à le dire publiquement dans cette enceinte.

Je vous remercie.

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