École Léon Jouhaux : pas le bon choix

Retrouvez l’intervention de Pierre BERAT lors du Conseil Municipal du 24 septembre 2018 à propos de l’école Léon Jouhaux

 

Mon intervention est une intervention pour prendre date, pour rappeler que plutôt que de faire grossir encore le groupe scolaire Léon Jouhaux, il aurait sans doute mieux valu créer une nouvelle école à la Part-Dieu.

Nous le disons depuis des mois, mais nous connaissons les limites du débat public. Tant qu’on parle pour l’avenir, cela « n’imprime » pas vraiment, mais quand les mesures entrent en vigueur ou quand les projets sortent de terre, les questions surgissent. Nous martelons donc notre position.

Faire grossir le groupe scolaire Léon Jouhaux, qui est déjà important, à 23 classes, ce n’est un bon choix ni pour les enfants, ni pour les familles, ni pour l’organisation de la ville.

Ce n’est pas une bonne chose pour les enfants car chacun sait que leur apprentissage et leur vie scolaire se passent mieux dans une école à taille humaine. 23 classes, c’est beaucoup de monde à gérer dans la cour de récréation, au restaurant scolaire. Savez-vous qu’il y a, pour la France entière, moins de 400 écoles qui comptent plus de 16 classes ? La plus grande part compte entre 6 et 10 classes. Ces chiffres ne sont pas le résultat du hasard.

Ce n’est pas une bonne chose non plus pour les familles, car, quand vous concentrez tout sur un groupe scolaire, cela veut dire un périmètre scolaire étendu, donc des distances importantes. Dans le cas de la Part-Dieu, les habitants de Vivier-Merle et du nouveau secteur Bouchut ne seront pas à proximité de cette école.

Et puis votre décision de concentrer les classes à Léon Jouhaux n’est pas une bonne décision pour la qualité de vie en ville. En refusant de créer une nouvelle école au cœur de la Part-Dieu, vous perdez une occasion précieuse d’humaniser ce secteur moderne. Cela aurait été d’autant plus opportun que vous avez déjà, pour des questions d’argent, déplacé hors du secteur la Maison de l’Enfance qui se trouvait rue Desaix.

Pour le secteur hyperdense que vous aménagez entre la rue Paul Bert et la rue Bouchut, cela aurait été un vrai plus pour la vie en ville. Chacun sait qu’une école, c’est un facteur de rencontre, d’animation, le matin et en fin de journée. Dans votre boîte à concepts pour la Part-Dieu, vous nous vendez les socles actifs pour animer la ville. Alors, les socles actifs, les commerces en pied d’immeuble, c’est bien, mais une entrée d’école, c’est bien aussi.

Notre position n’est pas théorique. Ce n’est pas de la critique stérile. Quand nous avons lancé la ZAC de la Buire au début des années 2000, la question s’est déjà posée de faire grossir le groupe scolaire Léon Jouhaux. Mais nous avons voulu la nouvelle école Aimé Césaire. Et franchement, ce nouveau quartier de la Buire, dans le 3e, ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans cette école. Quand il y a la volonté, il y a une école !

Votre décision reste assez incompréhensible. Je n’imagine quand même pas que c’est de créer un étage supplémentaire pour intégrer cette école à la skyline,  pour rappeler la ligne des Alpes, que vous avez pris cette décision, mais que c’est bien l’intérêt de l’enfant qui aurait dû présider à cette décision.

Notre groupe des élus Les Républicains et apparentés va voter cette délibération, car nous ne pouvons pas nous opposer à la création de nouvelles classes censées accueillir les nouveaux élèves, mais nous rappelons que la Ville aurait pu faire autrement.

Au risque de m’attirer les foudres de Monsieur SÉCHERESSE, cette délibération est d’ailleurs mal rédigée. Quand vous écrivez : « L’évolution démographique du quartier Part-Dieu nécessite une augmentation de la capacité du groupe scolaire Léon Jouhaux », il serait plus juste d’écrire : « Le refus de la Ville de créer une nouvelle école nécessite d’augmenter la capacité de Léon Jouhaux ».

Je vous remercie.

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