Élection du nouveau Maire de Lyon

Intervention de Stéphane Guilland lors du conseil municipal de Lyon du 17 juillet 2017 suite à l’élection du nouveau maire de Lyon.

 

Oui, Monsieur le Maire, quelques mots à mon tour pour vous féliciter de cette élection. Vous présiderez donc, Monsieur le Maire, notre Conseil municipal pour les trois années restantes du mandat.
Je voulais également, au nom de l’ensemble des élus du groupe Les Républicains et apparentés – Ensemble pour Lyon remercier Gérard Collomb pour le travail qu’il a accompli à la tête de notre ville depuis 15 ans. Si son mode de gouvernance pouvait parfois laisser à désirer – j’y reviendrai –, il a su fédérer les énergies pour poursuivre la tâche initiée par ses prédécesseurs. Depuis l’emblématique Édouard Herriot, et comme après lui, Louis Pradel, Francisque Collomb, Michel Noir ou Raymond Barre, il aura participé au développement de notre belle ville, qu’il en soit remercié.

Il est aujourd’hui appelé à d’autres responsabilités pour lesquelles nous lui souhaitons de réussir. La sécurité est et doit rester (je n’ose dire redevenir) la première des libertés et le ciment d’un vivre ensemble trop souvent mis à mal. Si la menace terroriste reste préoccupante, elle ne doit pas faire oublier qu’au quotidien, nos concitoyens aspirent à vivre sereinement. Les débordements nombreux constatés en France, comme dans l’agglomération lyonnaise, ce week-end du 14 juillet, ne peuvent être tolérés et doivent faire l’objet d’une réponse ferme et rapide. Ce n’est là qu’un exemple tiré de l’actualité récente de ce que subissent trop souvent nombre de nos concitoyens. Pour une liste plus complète, je vous renvoie aux diverses interventions que nous avons pu faire dans cette enceinte et à ce sujet dans le passé.

Vous êtes désormais, Monsieur le Maire, le Maire de tous les Lyonnais. S’il ne fait que peu de doutes que votre action s’inscrira dans la continuité de celle de votre prédécesseur, ces quelques mots sont néanmoins l’occasion d’aborder un ou deux points qui nous tiennent à cœur. En ces temps politiques où les lignes bougent souvent rapidement, il n’est pas inutile de réaffirmer quelques fondamentaux.

Le groupe Ensemble pour Lyon s’inscrit aujourd’hui clairement dans votre opposition. Les élus qui le composent ont en effet été élus sur un contrat avec les Lyonnais leur ayant apporté leurs suffrages, contrat qui proposait une autre politique que celle portée par votre majorité. Ce contrat n’a pas à être remis en cause aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle ma candidature ès qualités de Président du groupe à l’élection au poste de Maire s’imposait aujourd’hui. J’en profite d’ailleurs pour remercier les collègues m’ayant apporté leurs suffrages.

Pour autant, et comme par le passé, notre opposition ne sera ni frontale ni stérile. J’aime à dire qu’une bonne opposition consiste à obliger la majorité à aller au fond des choses, à mieux monter des dossiers, tout simplement à être meilleure dans l’intérêt des Lyonnais.

Une bonne opposition consiste également à s’opposer, lorsque vos choix sont contraires à l’intérêt de ces mêmes Lyonnais. Vous nous verrez ainsi demain comme hier refuser toute augmentation des impôts. Nous serons d’ailleurs à ce titre très vigilants sur les effets de la suppression de la taxe d’habitation sur les finances de notre Ville et sur la pérennité des compensations mises en place.

De même, vous ne serez pas étonné de nous voir sans relâche dénoncer les effets néfastes de la réforme des rythmes scolaires. Le cadre réglementaire était en soi contestable, l’application que vous en avez faite à Lyon l’est encore plus. Le gouvernement vient d’autoriser les communes à revenir en arrière : nous souhaitons que cette possibilité soit, toujours dans l’intérêt des Lyonnais – petits et grands –, étudiée de façon sérieuse.

Je terminerai, si vous me le permettez sur la gouvernance en émettant un vœu que je déclinerai par trois exemples. Si votre politique s’inscrira, comme je l’ai déjà dit, de facto dans la continuité de celle de votre prédécesseur, nous aimerions que vous puissiez opérer une réelle rupture en termes de gouvernance :

  • En donnant aux arrondissements (et en particulier à ceux dont le Maire se situe dans l’opposition) la place qui doit être la leur à la lecture de la loi PML, mais au-delà la place qui doit être la leur dans une application moderne du principe de subsidiarité. Leur proximité avec les habitants doit être encore et toujours développée, et ce, dans l’intérêt direct de l’ensemble de nos concitoyens.
  • En donnant ensuite à l’opposition les moyens de s’exprimer. Depuis trois années, pléthore d’exemples démontrent qu’en pratiquant la rétention d’information – volontaire ou non –, vous ne souhaitez pas donner à vos opposants les moyens de rentrer dans le fond des dossiers. C’est éminemment regrettable. Dans la même veine, les questions d’arrondissement, qui ouvrent traditionnellement nos Conseils sont devenues avec le temps une heure d’autoglorification de l’action municipale. Sans les supprimer, ne serait-il pas judicieux d’en faire poser une par l’opposition, ce qui pourrait permettre parfois de mettre le doigt là où ça fait mal, et, peut-être, de faire avancer certains dossiers ?
  • Enfin, il nous serait désormais agréable que les questions posées au Maire de Lyon par courrier ou lors de nos interventions dans cette enceinte trouvent enfin des réponses. L’habitude de votre prédécesseur de ne répondre ni aux courriers ni aux questions orales ne dénotait pas d’un grand respect des élus que nous sommes, et, au-delà, des Lyonnais, qui sont en droit d’attendre que leurs élus leur rendent des comptes.

Voilà, Monsieur le Maire, quelques points de gouvernance que nous souhaiterions voir évoluer. Vous le savez, notre action, comme la vôtre, n’est gouvernée que par un seul objectif, améliorer le quotidien des Lyonnais. Puisse votre mandat y contribuer.

Partager sur :Tweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Share on FacebookEmail this to someone