monsieur le Président. Mes chers collègues, vous nous demandez aujourd’hui d’approuver la modification du GIP Maison Lyon pour l’emploi en GIP Grand Lyon insertion pour l’emploi.

Quelques remarques sur ce GIP qui s’insère dans le PTI, qui fait lui-même partie du PMI’e avec, en parallèle, la gestion du RSA. Il faut presque un lexique métropolitain pour comprendre de quoi il s’agit et ce document reste très technocratique, malgré –j’en suis sûre– toute la bonne volonté qui a été mise à sa rédaction.

Cette proposition arrive après deux ans de discussions, la reprise de la gestion du Fonds social européen par la Métropole et la fin, en décembre 2018, des conventions pluriannuelles des trois PLIE qui existent à ce jour.

Vous souhaitez créer une structure métropolitaine qui coordonne les acteurs de l’insertion sur le territoire au service de l’emploi ; c’est très bien. Vous avez décidé, après quelques hésitations, de vous appuyer sur une structure existante et qui fonctionne ; bravo ! Il aurait été déconcertant de repartir de zéro. Comme membre depuis dix ans du conseil d’administration du GIP actuel, je peux témoigner des efforts qui ont été faits, année après année, pour optimiser sa gestion en mutualisant peu à peu les actions avec l’association ALLIES qui porte le PLIE de Lyon et la Mission locale. Une direction commune a été mise en place et la dernière étape de ce processus a été le déménagement dans un même lieu il y a quelques mois. Un partenariat de gestion avec Sud-Ouest Emploi fonctionne bien également depuis plusieurs années et un gros travail a été fait pour tisser des liens de confiance dans la durée avec les entreprises employeuses du territoire.

Cependant, à la lecture du document, un regret et quelques questions auxquelles nous souhaitons que vous apportiez des réponses.

Le regret, c’est la sortie de la Mission locale et de l’association ALLIES du tour de table du GIP, même si je comprends la logique. On va donc défaire ce qui a été construit patiemment et j’espère que cette habitude de travail en concertation entre les différents acteurs de l’insertion perdurera et se développera à l’échelle du territoire.

Quelques questions.

Tout d’abord, la place des Communes –Marc Grivel en a parlé dès l’ouverture de ce Conseil– : vous souhaitez lancer ce GIP avant de savoir vraiment combien vont participer –Marc Grivel a parlé de la place des Communes, donc je reviens sur ce sujet–. Pour ce qui concerne le GIP, quel sera le poids des Communes dans ce GIP ?

Vous avez déterminé un total de 12 % des voix pour les Communes dans leur ensemble. La Métropole aura 48 % des voix et les Communes (en dehors de Lyon) 12 %. Elles sont aujourd’hui 17 à avoir fait acte de candidature mais je crois savoir que d’autres souhaitent entrer. Comment est-ce que cela va se passer ? Est-ce qu’elles peuvent encore faire acte de candidature, selon quel calendrier ? Si d’autres Communes entrent, les 17 premières seront- elles diluées par l’entrée des nouvelles Communes ? Plus largement, quel sera le pouvoir de décision de ces Communes dans cette nouvelle gouvernance ? Cela a été dit je crois précédemment, la proximité est essentielle dans ce domaine de l’insertion pour rester efficace. Quelles relations également entre le GIP et les Communes qui ne feront pas partie de ce dispositif ?

Deuxième question, sur la gouvernance : attention également à ne pas recréer d’usine à gaz ! Madame Glatard a évoqué l’organisation telle qu’elle se met en place mais on a un peu l’impression que les instances vont se multiplier encore une fois. Vous avez parlé d’un Bureau stratégique ; nous aimerions avoir un petit peu plus d’informations : quels seront ses membres ? Comment seront-ils choisis ? Quel pouvoir aura ce comité et quelles relations aura-t- il avec le GIP ? Tout cela n’est pas très clair.

Autre question, l’articulation entre l’insertion proprement dite et les dispositifs RSA : la distribution du RSA et l’accompagnement de ses bénéficiaires restent une organisation distincte des actions d’insertion proprement dites menées par le GIP. Il est important à la fois que ces deux circuits communiquent entre eux mais aussi que les actions menées par le GIP continuent à s’adresser à un public plus large que les seuls bénéficiaires du RSA, comme c’est le cas dans les PLIE actuellement (seulement 42 % des bénéficiaires du PLIE de Lyon sont bénéficiaires du RSA).

Quatrième question, sur le financement : comment sera financé ce GIP ? Aujourd’hui –dans l’ancien modèle–, c’était essentiellement la Ville de Lyon et l’Etat qui, s’il semble accepter de maintenir son financement jusqu’à la fin 2018, doit se retirer complètement des Maisons de l’emploi en 2019. Avez-vous des engagements qui permettraient de penser le contraire justement pour 2019 ? Avez-vous déjà élaboré un budget 2019, sur quelles bases ? Jusqu’ici, la Ville de Lyon participait pour 55 % au budget ; demain, la Métropole aura 48 % des voix donc quel sera le budget ? Quelle sera la participation de la Métropole, quelle contribution pour chacune des Communes ?

La gestion du FSE –vous le savez désormais– est délicate : elle entraîne des décalages de trésorerie importants, parfois près de deux ans entre la réalisation de l’action et le versement des sommes. Le GIP actuel avait fait le choix de ne pas porter de salariés en direct ; il semblerait que vous souhaitiez faire différemment. Aussi, attention à garder une structure souple, capable d’évoluer rapidement pour être toujours réactive et efficace quelle que soit l’évolution des différents financeurs et des politiques publiques qui changent assez souvent –on l’a vu ces dernières années–.

En conclusion, je dirai que nous sommes plutôt favorables à la mise en place de ce GIP mais nous resterons attentifs à sa gouvernance, l’objectif visé étant l’insertion des personnes les plus éloignées de l’emploi et c’est une mission qui est essentielle.

Je vous remercie.

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