Hausse de la taxe de séjour

Monsieur le Président, je ne serai pas si long.

Aussi, en introduction, vous me permettrez de revenir sur les grandes déclarations qui ont eu lieu sur la DSP de l’Hôtel-Dieu. J’ai entendu avec beaucoup de plaisir –c’est dommage qu’il ne soit plus là– les déclarations de Georges Képénékian. Il y a un mal qui reste très prégnant dans notre monde politique, c’est d’être capable de dire le contraire de ce qu’on pensait quelques années avant. Je citerai juste une phrase : « Le projet en cours de réflexion doit permettre d’allier plusieurs exigences, celle d’y préserver des activités de santé publique indispensables en cœur de ville et dans le respect de la tradition pluri-centenaire du site ». Ce n’est pas Georges Képénékian qui parle bien évidemment, c’est Gérard Collomb mais, à l’époque, en 2008, Georges Képénékian était, à ma connaissance, directeur de campagne. Je trouve cela dommageable, je trouve cela peu gratifiant pour notre métier de politique et je tenais tout de même à le signaler.

Vous me permettrez de revenir à notre délibération, non pas pour une intervention de fond –je vous rassure– mais principalement pour une explication de vote.

L’augmentation de la taxe de séjour est anecdotique, me direz-vous : pour un 5 étoiles, nous passons de 2,47 à 3,30 €, c’est vrai, ce n’est pas grand-chose, c’est tout de même 30 % et ce n’est pas négligeable quand on parle en pourcentage. Cette augmentation –on en a l’habitude malheureusement, depuis 2014, tant à la Ville de Lyon qu’à la Métropole–, c’est le volet 1 du plan de marges de manœuvre de Richard Brumm ; le volet 1 du plan de marges de manœuvre c’est d’augmenter les recettes, c’est la raison pour laquelle –vous l’avez compris– nous voterons contre.

Nous regretterons par contre que rien ne soit annoncé sur les politiques menées. Le Vice-Président vient de le dire, les recettes seront affectées ; certes, mais affectées à quoi ? On ne le sait pas. Affectées comment ? On ne le sait pas encore. Une fois encore, la seule solution pour améliorer le service de la Métropole, c’est d’augmenter les moyens ; nous ne pouvons que la rejeter ; faire mieux à budget égal serait une vraie politique de marges de manœuvre mais cela dépasse complètement les objectifs de votre exécutif.

Nous regrettons que ces quelque 2 M€ ne soient pas affectés à des actions précises. Nous regrettons qu’aucune évaluation des actions menées pendant les années passées ne nous ait été présentée. Nous regrettons qu’un jour, les acteurs du tourisme à Lyon, qu’ils soient visiteurs ou qu’ils soient hôteliers ou prestataires, se posent des questions que nous nous posons également et auxquelles, monsieur le Président, vous n’amenez aucune réponse : est-il normal aujourd’hui qu’une Métropole de notre taille ait un accès à son aéroport aussi compliqué ? Est-il normal aujourd’hui qu’une Métropole de notre taille ait des capacités d’accueil hôtelier pour des congrès de grande ampleur aussi limitées ? Est-il normal aujourd’hui, monsieur le Président, que l’accès à Eurexpo soit si compliqué ? Et c’est anecdotique mais est-il normal, monsieur le Président, que, pour la demi-finale de rugby, qui était tout de même un événement majeur accueilli dans notre Métropole il y a quelques semaines, les prestataires, les restaurateurs en particulier, n’aient pu avoir d’autorisation d’ouverture tardive alors que –nous le savons– l’événement rugby est en général un événement festif qui n’amène que peu de nuisances ?

Pour toutes ces raisons, monsieur le Président, nous ne voterons pas ce chèque en blanc et voterons contre cette délibération.

Je vous remercie.

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