Hommage à Henry CHABERT

Intervention de Michel Havard lors du conseil municipal du 27 mars 2017 en hommage à Henry Chabert.

Merci Monsieur le Maire et chers Collègues, il y a quelques semaines, nous apprenions avec une profonde tristesse le décès d’Henry Chabert qui fut Député européen puis Député de la 2e circonscription de Lyon, Adjoint au Maire de Lyon et Vice-Président de la Communauté urbaine chargé de l’urbanisme sous les mandats de Michel Noir puis de Raymond Barre.

Vous l’avez dit, quelles que soient nos sensibilités politiques, beaucoup sur ces bancs ont eu l’occasion de le connaitre et de le côtoyer. Tous se souviennent de son ouverture aux autres et de l’attention qu’il portait à chacun, de son sens de l’écoute.

Aussi, avant d’évoquer son action dans notre agglomération, je voudrais ici parler de l’homme que j’ai connu et que j’avais l’habitude de présenter comme mon père politique.

Je l’ai connu alors qu’il était député européen. J’étais alors étudiant en droit et militant associatif pro-européen.

J’ai très vite compris que son engagement politique était tourné vers l’Homme. Henry Chabert était un humaniste par nature.

Par son caractère et sa sensibilité, il était étranger à tout sectarisme. Il n’aimait pas les positions extrêmes, les attitudes de rejet et plaidait la tolérance, l’échange et l’écoute dans tous les cercles qu’il côtoyait.

Son ouverture au monde, acquise lors des voyages qu’il effectuait sous ses différentes casquettes, renforçait cette conviction profonde chez lui que l’humain était ce qui devait nous guider dans nos décisions et que l’urbain était un moyen et pas une finalité.

Henry Chabert était un travailleur inlassable et exigeant pour lui-même comme pour les équipes qu’il animait sous ses différentes casquettes. Il nous a conduits à toujours donner le meilleur de nous-même, tout en préservant un très haut niveau de qualité dans la relation humaine. Il aimait s’entourer de son équipe, équipe qu’il ouvrait en permanence à de nouvelles personnalités issues d’horizons très divers, à de nouveaux regards, à de nouvelles idées, à de nouveaux projets. Le travail était rarement une contrainte tant la passion de l’action politique l’animait. Il aimait confronter les idées, les enrichir d’avis très divers afin de fonder la bonne décision, de trouver le bon équilibre qui pour lui, était le socle nécessaire à l’accomplissement de tout projet.

Je ne pourrais clore cette présentation d’Henry Chabert sans dire qu’il était aussi un homme de culture, vous l’avez rappelé. Pour lui, elle était essentielle à l’équilibre des hommes, au vivre ensemble et à la réussite des projets urbains. Il avait d’ailleurs fait sa dernière intervention fin 2016 au congrès de l’Inta à Lisbonne sur « la place de la culture dans la ville ». Je peux même témoigner qu’en 1995, après l’élection de Raymond Barre à la Mairie, il avait hésité à lui proposer d’occuper le poste d’adjoint à la culture à ses côtés.

Mais cet amoureux des villes et de la Métropole lyonnaise particulièrement avait finalement choisi de poursuivre le travail engagé dans la construction de notre agglomération.

Son bilan serait ici très long à tracer dans son ensemble. Mais nous pouvons tous ensemble nous rappeler qu’il a réalisé ou lancé de nombreuses opérations d’urbanisme qui façonnent aujourd’hui notre ville et notre agglomération. Pour rester sur le territoire de la Ville de Lyon, je n’en citerai que quelques-unes que vous avez déjà en partie citées, Monsieur le Maire :

– le plan Lumière, lancé en 1989, qui boosta le métier de concepteur Lumière et qui est aujourd’hui une si belle signature de Lyon y compris à l’international,

– la rénovation de la presqu’île, vous l’avez dit, avec la création des parkings du centre-ville, le réaménagement des places et des artères où il a fait entrer l’art dans la cité,

– la cité internationale et Dominique Nachury s’en souvient, lancée en 1993 avec son musée d’art contemporain, son centre des congrès, sa salle 3000, ses bureaux, ses logements,

– le parc de Gerland lancé en 1996,

– le parc des Hauteurs dans le 5e arrondissement,

– ou encore la montée de la Grande Côte dans le 1er arrondissement accompagnée d’une opération de rénovation de l’habitat.

J’aurais pu mentionner aussi les murs peints avec la Cité de la création, le livre blanc sur la Duchère ou encore le lancement de la première fête des Lumières.

Tant d’autres projets, comme ceux de la Confluence ou du quartier de l’Industrie, sur lesquels il a lancé les acquisitions foncières et sur lesquels il aimait travailler et imaginer la ville de demain.

Sa compétence sur tous ces sujets qui font la ville, sa vision du développement des territoires dans leurs dimensions humaine, culturelle, sociale et environnementale, a inspiré bon nombre d’urbanistes et de responsables de collectivités. Beaucoup d’ailleurs faisaient encore appel à lui ces dernières années et jusqu’à ces derniers mois.

Comme Emmanuel Hamelin l’a évoqué à la Métropole, je pense aussi que la Ville s’honorera à marquer physiquement sur son territoire le nom d’Henry Chabert en donnant son nom à une rue ou à une place emblématique de notre cité.
Je sais que bien qu’ayant été opposant politique, vous aurez à cœur de permettre cette reconnaissance de son action, compte tenu de tout ce qu’il a fait dans notre agglomération.
Pour terminer, je citerai d’ailleurs Maurice Charrier, ancien maire de Vaulx-en-Velin et Président de l’INTA dont Henry Chabert était le Président honoraire. Dans le texte qu’il a publié à son décès, il dit les mots suivants:
« Je garde en mémoire l’éloquence, l’élégance de la pensée et surtout l’humanisme exprimé. Je garde aussi en mémoire sa fidélité à ses engagements mais aussi son ouverture au dialogue, au débat. Lui, Vice-Président du Grand Lyon et moi, Maire de Vaulx-en-Velin, nous avons partagé bien des audaces et même des utopies pour faire face à des moments difficiles. Un de ses traits de personnalité était la fraternité, cette valeur qui permet au-delà des différences qui nous marquent tous, de vivre ensemble et de partager.»
Tous ensembles, nous adressons à sa femme Danièle, à leurs enfants et petits-enfants, qu’il appelait affectueusement sa tribu, toutes nos sincères condoléances et nos plus affectueuses pensées.
Je vous remercie

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