Insécurité et confinement

Retrouvez l’intervention de Stéphane Guilland lors du conseil municipal du 7 mai 2020 :

: Monsieur le Ministre,

Vous nous proposez aujourd’hui d’adopter les procès-verbaux de nos deux dernières séances, ce que nous ferons sans problème.

En les reprenant, il est un sujet qui revient, c’est celui de la sécurité ou plutôt, malheureusement, celui de l’insécurité. Ce fut le cas lors de notre Conseil du 18 novembre, où je vous interpellais sur le sujet après l’avoir déjà fait le 23 septembre. Ce fut encore le cas le 19 décembre à travers les questions du 8e, mais aussi de l’intervention de Pierre BÉRAT au nom de notre groupe pour la mise en place de la vidéoverbalisation sur la Guillotière. Ce fut enfin le cas le 27 janvier avec une question du 9e et l’intervention de Dominique NACHURY au nom de notre groupe à propos du périmètre de sauvegarde commerciale, toujours sur le secteur Gabriel Péri.

Nous aurions pu nous dire : « Avec cette période de confinement, les choses vont se calmer, chacun étant chez soi. » Eh bien, malheureusement non.

Outre le fait que ce confinement a malheureusement des effets assez négatifs au niveau des violences conjugales ou intrafamiliales, il n’a pas rebuté celles et ceux pour qui le respect des règles est quelque chose de totalement étranger.

Cet incivisme caractérisé déteint sur toute la population. Ainsi, en plein cœur de la Presqu’île et en pleine journée, depuis que le Président de la Métropole a annoncé que vos bacs à fleurs de la rue Édouard Herriot allaient être enlevés, des gens se sont précipités pour arracher fleurs et plantes. Rien ne se perd, tout se transforme, me direz-vous. C’est dire l’état d’esprit de nos concitoyens.

Nous avons pris acte du nombre de contrôles, du nombre de verbalisations effectuées par les services de police nationale et municipale durant le confinement, mais, sur certains, cela glisse.

Quelques commerces ont été fermés, d’autres ont préféré devancer une fermeture administrative, d’autres, malheureusement, continuent impunément à faire n’importe quoi, comme telle ou telle épicerie qui fait plutôt souvent office de bar clandestin et compte un nombre impressionnant de clients au mètre carré, faisant fi de toute distanciation physique.

Le 18 avril, lors de la réunion des Présidents de groupes politiques que vous avez faite, j’ai eu l’occasion de revenir sur un certain nombre d’incidents qui avaient lieu à travers la ville et qui concernaient malheureusement la plupart des quartiers.

Il est vrai que le « pompon », si je puis me permettre cette expression, revient au secteur de la Guillotière, place Gabriel Péri et rue Paul Bert notamment : bagarres en pleine rue, comme le week-end dernier, avec des barrières Vauban, mais aussi des bagarres à coups de machettes. La situation est tellement immaîtrisable sur ce secteur que le SYTRAL a aujourd’hui pris la décision de fermer pendant deux jours les stations de métro et de tram de la Guillotière, alors que nous sommes confinés et que nous ne pouvons donc sortir que pour des motifs impérieux. On devrait se pincer pour y croire.

Quelle est donc la prochaine étape : une douane pour interdire l’accès de ce quartier ? Je n’ose y croire. Nous ne sommes pas loin du Far West, expression que j’avais déjà utilisée dans notre enceinte, mais qui est malheureusement aujourd’hui une réalité.

Elle est le fruit d’une succession de petits abandons au fil du temps. Oserais-je rappeler que, Maire de Lyon depuis 2001, vous avez logiquement une petite part de responsabilité ? Vos 17 mois à la tête du ministère de l’Intérieur n’ont pas permis de renverser la tendance.

 

Vous disiez, le 27 janvier dernier, « savoir combien les problèmes de sécurité et de tranquillité publique sont importants et combien, par le passé, nous avons pu avoir de difficultés de ce point de vue. Aujourd’hui, la situation s’améliore et il faudra qu’elle s’améliore dans tous les quartiers. »

Ce n’est pas le sentiment de nombreux de nos concitoyens, qui, respectueux des règles, ne supportent plus cette situation.

D’autant que je ne sais pas comment vous savez que la situation s’améliore, car, quand je lis l’avis de la Commission d’Accès aux Documents administratifs (CADA) du 2 avril dernier, que j’avais saisie à propos de ma demande restée vaine de communication d’éléments statistiques d’évolution de la délinquance des crimes et délits sur les arrondissements de Lyon depuis 2014, il est écrit, je cite : « Le Maire de Lyon a informé la Commission qu’il n’est pas en possession des documents sollicités. » La messe est dite.

ous, Maire de Lyon, ancien ministre de l’Intérieur, n’avez pas de statistiques de la délinquance à Lyon. Aussi incroyable que cela puisse paraître ! Il n’y a donc aucune information sur la délinquance, les crimes et les délits dans notre ville.

Voilà, mes chers collègues, le navrant constant que je voulais partager avec vous.

Je vous remercie.

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