Nouvelle organisation du temps scolaire

Intervention de Dominique NACHURY lors du conseil municipal de Lyon du 26 mars 2018 à propos de la nouvelle organisation du temps scolaire pour la rentrée 2018-2019

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Cette délibération porte la proposition d’organisation de la semaine scolaire dans le premier degré public à compter de la rentrée 2018. Cette proposition acte le résultat de la consultation des 167 conseils d’école, qui s’est déroulée entre le 15 janvier et le 6 février. Ces conseils extraordinaires se sont tenus de façon satisfaisante, puisque nous avons rapidement réglé la question de l’exclusion des ATSEM. Il est honnête de relever que les interrogations ont été nombreuses et sont restées en l’état pour beaucoup d’entre elles.

La majorité des Conseils s’est prononcée pour une semaine scolaire à quatre jours, et c’est donc cette organisation que vous nous proposez de transmettre à Monsieur le Directeur des Services académiques de l’Éducation nationale, qui le soumettra pour avis au Conseil départemental d’Éducation nationale du 5 avril.

Parce que cette délibération acte le choix majoritaire des Conseils d’école, nous voterons favorablement, tout en renouvelant notre regret que l’ensemble des parents n’aient pas été consultés directement en amont, parce que, maintenant, on leur fait dire bien des choses.

Ce vote sera favorable un peu aussi parce que nous avions regretté et combattu les modalités d’organisation de la semaine de quatre jours et demi avec le vendredi après-midi libéré, qui restait l’autre scénario proposé.

Mais ce vote positif ne vaut pas adhésion aux décisions qui vont être maintenant nécessaires pour mettre en œuvre cette nouvelle organisation. Je rappelle les principaux points. Ils ont été évoqués lors des conseils d’école et ont souvent été repris dans les motions ou contributions que plusieurs conseils ont souhaité joindre au procès-verbal officiel.

Premier point, la pause méridienne, son décalage et son allongement. C’est le problème du déjeuner tardif pour bien des enfants et celui de la nature du temps d’attente.

Deuxième point, l’étude du soir, aujourd’hui organisée et gratuite pour le cycle 3, et la prise en compte de l’aide aux devoirs.

Troisième point, les tarifs. Quels tarifs ? Ils sont annoncés attractifs, mais encore ? Et combien pourrait-il y en avoir ? Il pourrait y en avoir cinq : un pour la pause méridienne, un pour le retour à 13 heures 30 sans déjeuner, un pour la séquence 16 heures 45-17 heures 30, un pour la séquence 17 heures 30-18 heures 30, et un pour le mercredi matin. C’est peut-être beaucoup.

Quatrième point, la suppression des Mercredis de Lyon, dont les effectifs avaient certes chuté avec le passage à quatre jours et demi, mais qui permettaient encore la pratique d’activités sportives et culturelles à un prix compétitif pour quelque 1 300 enfants en 2016. Cette suppression sera-t-elle accompagnée d’un renforcement du ticket Sport Culture, pour permettre à certains enfants de continuer une activité ?

Beaucoup de points restent donc à traiter et la question de la méthode a été posée. Quels liens et échanges avec les acteurs dans cette période de réponses à trouver ? Et quelle restitution des arbitrages avant la finalisation ?

À travers ce débat de la semaine scolaire surgissent deux grands sujets plus généraux, dont je conviens bien qu’ils sont d’une autre nature et dépassent notre conseil municipal, mais ils ont une répercussion sur la vie de notre collectivité.

Le sujet de cohabitation entre la mission d’enseignement de l’école et le besoin de garde des familles pour leurs enfants, cela sur les mêmes temps, les mêmes lieux. Nous pouvons à ce propos évoquer l’inquiétude légitime sur la possibilité ainsi offerte d’une longue présence en collectif (près de 45 heures). Or, nous savons que le collectif est toujours source de tensions et de fatigue.

Deuxième sujet, le sujet de la dualité des institutions en responsabilité de l’école, Éducation nationale pour la pédagogie et collectivité pour la partie « intendance », donc les activités périscolaires. Je donnerai deux illustrations. La cohabitation en un même lieu physique d’activités différentes et de personnels relevant d’un management différent n’est pas toujours évidente. Sur les activités, il y a donc celles qui sont scolaires, mais pour lesquelles les ATSEM, personnel de la Ville, apportent leur concours. Il y a également les activités périscolaires avec un personnel en règle général différent, qui n’a pas nécessairement la même formation ni le même mode de fonctionnement que le personnel intervenant sur le temps scolaire. Au milieu, l’enfant, parce qu’on le met toujours en avant, mais je ne suis pas certaine qu’il soit toujours respecté dans l’ensemble de son identité ; l’enfant peut perdre ses repères.

Une autre illustration : certains enseignants ont fait remarquer que la matérialisation en tableau de l’organisation de la semaine au sein du bâtiment école posait réellement la question de la place de l’école enseignante.

Comme je l’ai indiqué, si ces sujets ne relèvent pas de notre compétence, nous pouvons œuvrer à notre niveau pour les faire avancer.

Monsieur l’Adjoint, puisque vous avez évoqué l’évaluation, il est essentiel que, dès le départ, le cadre de l’évaluation soit fixé, pour que, ainsi, nous puissions tout au long de la mise en œuvre et des ajustements qui pourraient être nécessaires assurer véritablement l’évaluation dans le sens de l’intérêt de l’enfant.

Je vous remercie.

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