Plan Local d’Urbanisme

Notre débat sur le projet PLU-H est un moment important, chacun le sait, puisque ça a été dit, ce PLU fixe les règles de construction et planifie les aménagements de la Métropole donc dans notre ville et dans nos quartiers. Il définit en quelque sorte la ville de demain. Madame PANASSIER, vous nous avez présenté les grands principes, les grands objectifs. Simplement un PLU-H, ce n’est pas que ça et ce sont aussi des règles, des règlements, des hauteurs et pour les habitants de l’arrondissement c’est aussi ça et c’est peut-être surtout cela qui les intéressent comment ces principes se concrétisent dans leur quartier. C’est un peu de cela que je vais parler aujourd’hui puisque notre avis porte sur ce qui se fait dans le 3e arrondissement qui comme vous le savez est un arrondissement, comme on dit en urbanisme, un arrondissement « qui n’est pas fini ». Il est encore en évolution avec un grand projet de la Part-Dieu et beaucoup de secteurs qui connaissent et qui vont connaitre des mutations parce que tel est l’urbanisme du 3e.

Dans notre arrondissement particulièrement, ces futures règles sont déterminantes parce que ce sont elles qui vont régler ces mutations. Ces règles pour une quinzaine d’années vont décider de l’évolution de l’identité des quartiers, du niveau de densité de l’habitat, des possibilités de réaliser des équipements pour la population, l’avenir des centres de quartiers commerciaux, les conditions de stationnement, donc c’est quelque chose de tout à fait déterminant.

Depuis plusieurs années, nous vous avons alertés sur des évolutions défavorables, à notre avis, de ce qui se passe dans le 3e. La perte d’identité et des atouts du quartier de Montchat, un projet Part-Dieu qui ne donne pas toute sa place aux habitants et qui néglige notamment ses effets sur les zones périphériques de Villette, de Sans Souci et du cours Lafayette. Tout cela est lié aux règles d’urbanisme.

Alors on a analysé avec une grande attention ce projet de PLU-H qui est élaboré en étroite relation avec vous (Mme PANASSIER) et vous Monsieur Le Maire qui êtes à la fois maire d’arrondissement et vice-président de la Métropole et qui êtes donc au coeur du système. Il n’est pas aisé de rendre un avis sur un projet de PLU-H. C’est un document très volumineux et très complet, et d’autant moins aisé, il faut bien reconnaitre, que l’accès au document n’a pas été, je pense, le plus transparent.

On a reçu par notre groupe politique, aujourd’hui, une note de Monsieur Le Faou nous expliquant comment ce document avait été mis à disposition dans les arrondissements et comment il aurait dû être communiqué aux élus. Dans cette note, monsieur Le Faou dit qu’on aurait dû recevoir un lien internet qui nous permettait de le consulter par internet et que l’on aurait dû nous informer que les documents étaient communicables. Il n’en a rien été et nous n’avons eu aucune communication de votre part sur la façon dont nous pouvions prendre connaissance des éléments du PLU.

On s’est débrouillé de notre côté, pas de chance pour vous, on a pu obtenir les documents, on a pu les regarder. Mais il faut bien reconnaître que ce n’est pas vous qui nous avez facilité le travail sur ce point et que cette note de Monsieur Le Faou n’a visiblement pas été mise en oeuvre dans le 3e arrondissement.

Donc ce n’est pas aisé de rendre un avis sur le PLU-H parce qu’il y a des grands objectifs, des principes comme vous l’avez évoqués, Madame PANASSIER qui recueillent souvent l’assentiment. On est tous pour le bien et contre le mal. Par contre, il en est un peu diffèrent pour la concrétisation de ces objectifs parce qu’il y a souvent des écarts ou des incohérences. Ensuite dans cette masse de documents, il y a des évolutions favorables et puis des évolutions défavorables et ce n’est pas facile de faire une balance des deux et de donner un avis mais c’est quand même ce qu’on va essayer de faire.

Je commencerai et je serai un peu long car il faut quand même entrer dans le détail, je commencerai par reconnaître une avancée de ce PLU-H que vous avez évoqué avec l’inscription de plusieurs maisons de Montchat sur la liste des Eléments Bâtis Patrimoniaux avant appelé Eléments Bâtis à Préserver. C’était quelque chose d’important pour garder l’âme de Montchat. Cela avait été fait d’ailleurs pour d’autres quartiers du 3e avec l’implication des CIL pour Villette et Sans Souci. Ce travail avait été fait sous le mandat de Patrick Huguet, il y a plus d’une dizaine d’années. Pour Montchat, il restait à faire, et je dirais que vous auriez pu, vous auriez dû le faire ces dernières années, à l’occasion des modifications partielles du PLU. On a eu un débat assez houleux, ici, sur ce sujet. Je constate que c’est fait aujourd’hui pour l’avenir dans le cadre de ce nouveau PLU-H, c’est une avancée, c’est un progrès, on le souligne et on s’en félicite.

Maintenant il y a d’autres éléments problématiques qui demeurent ou qui apparaissent dans ce PLU-H. Le premier, c’est la question de l’urbanisation du tènement de la Clinique TRARIEUX qui est un point clé de notre environnement et qui aurait dû être un point clé de ce PLU-H. Il y a quelques années et assez récemment, vous aviez fait voter une modification du PLU permettant de densifier les constructions sur ce tènement, en montant, notamment, les hauteurs sur la rue des peupliers. C’est une modification qui est intervenue, il y a quelques années. Cette évolution n’était pas favorable puisqu’elle conduisait à une densification dans un secteur pavillonnaire dont les infrastructures, voiries et équipements, n’étaient pas adaptés. Nous l’avions combattue ; nous nous y étions opposés. Les habitants du secteur ont exprimé leur crainte sur cette évolution mais rien n’a changé dans le nouveau PLU-H, vous maintenez ces dispositions.

Pourtant pour encadrer le renouvellement urbain d’un tènement d’exception tel que celui de la clinique Trarieux, vous auriez pu établir ce qui s’appelle des Orientations d’Aménagement et de Programmations des OAP. Madame PANASSIER, vous nous avez parlé de l’OAP UNESCO qui concerne le centre, la presqu’île, vous auriez, nous aurions pu et on peut encore dans ce PLU-H créer une OAP sur le tènement de la clinique Trarieux qui guiderait, qui encadrerait l’aménagement de ce tènement. Et ne me dites pas que ce n’est pas possible puisque dans le projet de PLU-H, il y a une OAP qui concerne le tènement « îlot Félix Faure, Meynis, Paul Bert Saint Eusèbe » et dont l’objectif est d’encadrer la mutation de cet îlot. Un îlot, certes, important mais qui je dirais, est moins stratégique que la clinique Trarieux. Donc, ce qu’on a fait pour cet îlot Felix Faure, pourquoi ne le fait-on pas sur la clinique Trarieux ?

Lors de la réunion de bilan mi-mandat à Montchat, vous nous avez dit, Monsieur PHILIP ne pas pouvoir faire quelque chose pour le tènement de la clinique Trarieux, de ne pas pouvoir vous opposer puisque vous êtes contraint de respecter les règles. C’est ce que vous avez répété au cours de cette réunion. Mais la vraie question, c’est l’actualité. Quelles règles définit-on ? Vous ne pouvez pas dire que vous respectez des règles puisqu’on est en train de les définir. J’ai tendance à dire que sur ce dossier, j’ai un peu l’impression que vous organisez vous-même votre impuissance. C’est-à-dire que vous nous dites que vous ne pouvez rien faire mais vous n’essayez pas de changer les règles pour pouvoir le faire. Donc je pense qu’effectivement vous organisez votre impuissance et je crois qu’on a bien compris sur ce dossier que l’objectif est de laisser carte blanche aux promoteurs.

Si, le bâtiment sur lequel vient s’adosser le bâtiment d’exception date ni des années 70 ni des années 80, il est beaucoup plus ancien. Je vous redis ce que je vous avais dit… enfin bref… Vous aviez autorisé par une double exception cet immeuble. Madame PANASSIER, lors de la réunion de Montchat, a eu cette formule heureuse en disant que cette opération était effectivement peu glorieuse. Je me rappelle qu’elle l’avait défendue ici dans le conseil et que devant les habitants de Montchat, elle l’a qualifiée de peu glorieux. Et pourtant dans ce nouveau PLU-H, vous êtes en train sur tout le début de la rue, de monter les hauteurs de 7 à 13 mètres depuis l’avenue Lacassagne jusqu’à la rue Jean-Marc Bernard des deux côtés de la rue.  C’est comme ça que les grands objectifs se traduisent par des réalités concrètes de terrain qui sont beaucoup moins favorables. Puisqu’on va avoir à cet endroit, qui est une entrée de Montchat, je le répète, un continuum d’immeubles de grandes hauteurs depuis Lacassagne jusqu’à Jean Marc Bernard des deux côtés de la rue. Finalement, on voit par ce type de dispositions que la ville dense et haute et en train de gagner le cœur de Montchat. Et vous faites la même chose sur la partie Est de la rue du professeur Florence.

Autre constat toujours sur le même sujet, vous avez laissé inchangées les hauteurs sur le cours du Docteur Long. Donc là il n’y a pas de changement, c’était ce qu’il y avait avant. Vous avez laissé. Là aussi, je pense qu’on aurait pu faire un travail un peu plus dans le détail. On aurait pu tenir compte de tout ce qui s’est passé ces dernières années, de toutes ces maisons qui ont été démolies et de  toutes ces constructions qui ont déjà eu lieu pour prévoir certaines ruptures, certaines ouvertures. Cela évite que l’on ait sur ce cours qui est finalement d’une largeur assez modeste, un continuum d’assez grande hauteur et qui va créer un effet tunnel inévitable. Dans quelques années, dans 10 ans, quand on regardera ce qui s’est passé, on aura ce continuum d’immeubles avec une exception la maison du Docteur Long qui, elle, est sur la liste des maisons à préserver. Mais tout le reste, on aura un continuum d’immeubles et je pense qu’on aura fait perdre à ce cours du Docteur Long une de ces caractéristiques.

Ce sont deux évolutions néfastes que vous allez provoquer. Vous nous avez dit tout à l’heure que ça devait se faire dans les endroits où il y a des transports en commun lourds. Le problème c’est que ni sur la rue Ferdinand Buisson ni sur le cours du Docteur Long, on a des transports en commun lourds et que cette théorie de dire que « là où j’ai un transport lourd, je peux densifier », elle ne se vérifie pas sur le quartier de Montchat. Hors Montchat, on note également une densification importante rue Guy à Sans Souci qui pose un peu la même problématique.

Deuxième sujet c’est la Part-Dieu, le grand projet de la Part-Dieu. Les dispositions problématiques adoptées ces dernières années demeurent dans le nouveau PLU posant toujours la question de la cohérence de l’implantation des tours et de la place des habitants dans ce quartier. Je voudrais quand même dire à Madame CHEVALLIER, qui fait peut-être un peu preuve de naïveté sur le sujet, et qui s’étonnait que dans le PLU il n’y ait pas les nouvelles implantations de tours. Vous savez très bien que ça se réglait quand Monsieur COLLOMB revenait de « MIPIM » et qu’il avait négocié une implantation. Quand il y a avait une nouvelle tour, il y avait une modification du PLU dans l’année qui permettait l’implantation. Vous savez que ça n’a jamais été un schéma d’implantation qui se réglait par les PLU. Ça c’est quand on était beaucoup plus souple pour l’implantation des tours, on pouvait modifier le PLU sans problème.

Nous constatons, par contre, que c’est la Ville de Lyon elle-même, ce n’est pas la Métropole, qui le demande dans son avis : elle entend amplifier la densification puisque vous demandez maintenant la mutation de l’îlot Garibaldi Moncey Lafayette qui est effectivement jusqu’à maintenant pas concerné vous demandez à l’inscrire dans le nouveau PLU-H donc on peut imaginer que ce sera pour une densification complémentaire de cet ilot. Enfin et Madame Chevallier l’a dit, le projet de PLU-H est dépourvu d’emplacements réservés au niveau de la Part-Dieu pour des espaces verts de proximité, donc je ne vous parle pas des opérations du centre commercial, je vous parle des espaces qui se trouvent au pied des immeubles d’habitation. Puis, il n’y a rien sur les futurs équipements, écoles, équipements sportifs pour ces nouveaux habitants qu’on va amener à la Part-Dieu. On voit bien dans ce PLU-H, il n’y a pas de vision prospective pour la Part-Dieu, pour la vie des habitants. C’est une opération d’urbanisme de construction de tours, de densification, mais on ne pense pas à la vie des habitants. Le premier sujet, c’est effectivement la nouvelle école pour la Part-Dieu dont on ne sait pas où elle se fera si elle se fait un jour.

En conclusion, ces mauvaises orientations du PLU-H posent question quant à la concrétisation des objectifs généraux que vous avez évoqués notamment en matière d’équilibre urbain, de cadre de vie et de préservation des spécificités des quartiers. Le bilan « menaces/avancées » de ce projet de PLU-H pour le 3e arrondissement, puisque c’est bien de celui-là dont il s’agit ce soir, n’est pas positif et en l’état nous ne pouvons approuver votre rapport. Je dis en l’état parce qu’il reste encore quelque mois pour travailler sur ce PLU-H avant le vote définitif à la Métropole et vous avez encore le temps de corriger ces erreurs que je rappelle brièvement en synthèse : il est encore temps d’adopter une OAP pour le tènement de la clinique Trarieux et puisque vous dites avoir une volonté d’encadrement de la mutation de ce terrain, il vaut mieux écrire les choses. Donc inscrivez ces évolutions dans une OAP pour que ce soit dans le PLU-H et on pourra alors travailler avec le promoteur. C’est la première chose que vous pouvez faire dans les mois qui viennent … pas en secret pas dans des cabinets pas en renvoyant les gens vers le promoteur comme vous le faites mais en travaillant, vous, en tant qu’élu à l’urbanisme pour que dans le PLU-H

Donc moi ce que je vous propose, c’est de jouer votre rôle d’adjointe à l’urbanisme et d’intégrer dans le PLU-H des orientations pour la mutation de ce tènement, c’est cela votre rôle d’élue Madame PANASSIER. Et ce n’est pas de négocier par derrière, la mutation de ce terrain. Voilà ce qu’on vous demande.

Deuxième chose, C’est d’abandonner l’augmentation de hauteur sur le rue Ferdinand BUISSON … (inaudible)… Faites une OAP sur Trarieux si vous voulez nous prouver votre bonne foi. Mais ne dites pas que vous négociez puisque vous ne vous donnez pas les moyens de négocier. N’augmentez pas les hauteurs sur la rue Ferdinand Buisson. Il est encore temps de ne pas commettre cette erreur urbanistique, revoyez celle sur le cours du Docteur Long pour ménager certaines ruptures. Mettez dans ce PLU-H un schéma d’implantation des tours à la Part-Dieu qui assure une meilleure cohérence des implantations et créez certains équipements réservés pour des équipements de proximité sur la Part-Dieu et alors on pourra considérer que ce PLU-H est bénéfique pour le 3e. Donc en l’état, nous ne pouvons pas approuver ce rapport.

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