Pour une réelle police de proximité

Retrouvez l’intervention de Pierre Bérat lors du conseil municipal du 18 novembre 2019

Merci, Monsieur le Maire.

Ce rapport traite du regroupement de deux postes de police municipale, de deux gros arrondissements de notre Ville, les 7e et 8e, et, de ce fait, il pose nécessairement la question du maillage en matière de sécurité, de tranquillité publique de notre action en matière de police municipale.

C’est un peu une alerte que je voudrais lancer : attention à ne pas trop desserrer le maillage de nos postes de police municipale avec ce type de mutualisation et de ne plus assurer une proximité dans l’action.

Dans une ville de la taille de Lyon, on ne peut pas concevoir une réponse adaptée en matière de prévention et de traitement de la délinquance en organisant des rondes uniquement à partir de postes situés à des kilomètres des problèmes. On ne peut apporter une réponse uniquement par des passages de véhicules.

Je voudrais porter le message que de nombreux Lyonnais nous livrent, qui ne supportent plus, sans remettre en cause la compétence des personnels et le travail, les passages de police municipale en véhicule sans qu’il ne se passe rien après.

Il faut comprendre qu’il faut un maillage territorial de la présence de la police municipale suffisamment fin pour organiser une présence permanente avec sa composante d’îlotage pour appréhender globalement une situation dans le cadre d’une relation de confiance avec la population.

C’est de cela dont nous avons besoin, par exemple, dans le 3e Est, à Villette, Sans Souci et Montchat, un secteur de 60 000 habitants, je le rappelle, sans aucun poste ni de police nationale ni de police municipale.

Nous avons besoin d’une présence permanente pour prévenir les cambriolages, notamment dans les secteurs pavillonnaires. Nous avons besoin d’une présence permanente pour dissuader les agressions dans les commerces. Nous avons besoin d’une présence permanente pour mettre un terme aux trafics et aux nuisances institués dans certains lieux qui sont bien connus.

Ce maillage territorial ne recoupe pas nécessairement les limites administratives, il doit être intelligent et se fonder uniquement sur des critères de permanence et de rapidité d’intervention.

Dans cette approche, on ne parle pas, bien sûr, de postes de police municipale où les agents sont bloqués à l’intérieur pour recevoir du public. On ne parle pas non plus de postes fermés une bonne partie du temps, à l’image de ce qui a pu exister dans le 7e arrondissement. Une telle situation est bien sûr désastreuse en termes de présence.

Non, il s’agit d’avoir une ville maillée par suffisamment de points d’appui pour des actions de proximité. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’augmenter les effectifs de police municipale.

J’avais prévu d’évoquer plus longuement cette question de la proximité, mais je voudrais prendre mon temps de parole pour évoquer, puisque nous sommes sur le 7e, la question de Gabriel Péri, la question qui a été posée par le 7e et la réponse qui a été faite par Monsieur SÉCHERESSE, qui n’est pas là, mais je voudrais revenir sur un certain nombre de points.

J’ai bien enregistré les propositions qui sont faites et comment vous comptez avancer sur le sujet. Il me semble qu’il y a quand même un certain nombre d’alertes que je voudrais aussi marquer ce soir.

D’abord, rappeler que le secteur Gabriel Péri n’est pas que dans le 7e arrondissement. On connaît les problèmes qui se posent dans le 7e, mais il est aussi dans le 3e arrondissement et les problèmes se posent aussi dans le 3e. J’ai cru comprendre dans l’intervention de Monsieur SÉCHERESSE qu’il avait une vue très localisée vers la station de tramway. Il faut élargir la vision à tout l’espace et ne pas limiter à la place Gabriel Péri, qui est certes le point focal des difficultés, mais il y a des difficultés tout autour. De grâce, ayons la bonne maille territoriale pour traiter le problème.

Le deuxième point qui m’a interpellé, c’est son approche de l’aménagement urbain. Il a dit : « On peut faire de l’aménagement urbain pour améliorer les choses. » Je rappelle qu’il y a eu beaucoup d’investissements publics faits sur ce secteur au cours des dernières années. Je ne voudrais pas qu’on utilise de nouveau l’argument « on va améliorer la place, on va faire des choses belles et cela traitera le problème de l’insécurité. » Je crois que nous sommes à un stade aujourd’hui où la réponse doit être une réponse de prévention et de répression des crimes et délits. Ne pensons pas qu’avec du traitement urbain, on résoudra le problème.

Troisième élément, les crimes et délits ne se limitent pas aux faits qui ont été évoqués lors de la réponse. C’est vrai qu’il y a des trafics. C’est vrai qu’il y a des bandes qui sont sur la place. Il y a bien d’autres éléments qui dégradent la situation dans le quartier. J’en cite deux qui n’ont pas été cités. Je pense que c’est le respect de la réglementation par les commerces. C’est un point qui interroge les habitants. Pourquoi certains commerces ne respectent pas de façon évidente la réglementation ? Le deuxième est un phénomène qui ressemble un peu à ce qui se produit dans le 2e arrondissement, qui sont les regroupements nocturnes qui créent du bruit, des nuisances, voire de l’agressivité, autour de véhicules stationnés dans la rue à proximité de certains commerces. C’est aussi une nuisance importante qu’il faut traiter et cela ne se limite pas à ce qui se passe sur la place.

Cela m’amène au dernier point, celui de la vidéoverbalisation. Nous avons exprimé notre soutien pour cette vidéoverbalisation dans ce secteur pour le problème que je viens d’évoquer de stationnement dans la rue et de nuisances nocturnes. J’ai proposé un vœu tout à fait constructif dans le 3e arrondissement, qui n’a pas été accepté, qui n’a pas été retenu. Je le regrette, parce que je pense qu’il faut que nous soyons beaucoup plus ouverts sur ces sujets et sortir des logiques politiciennes. Il a été écarté en me disant : « Circulez, il n’y a rien à voir, les problèmes seront traités. » Je redis ce que j’ai dit dans le 3e. J’ai fait un tour rapide, je ne suis pas un spécialiste de la question, mais je ne suis pas sûr que l’équipement en caméras de vidéoprotection aujourd’hui permet de traiter tous les endroits repérés en termes de vidéoverbalisation. J’invite donc vraiment l’Adjoint à la Sécurité à faire ce travail d’identification pour que les réponses soient adoptées et que l’on ne nous dise pas dans six mois : « On fait le test de vidéoverbalisation, mais il y a des endroits qui échappent à la vue des caméras. » Nous aurons alerté suffisamment tôt et j’espère que ce travail sera fait.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

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