Rapport annuel 2016 – Développement durable

Intervention de Stéphane Guilland lors du conseil municipal de Lyon du 20 novembre 2017 à l’occasion de la présentation du rapport annuel 2016 sur la situation en matière de développement durable

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Quelques mots rapides sur ce rapport annuel sur la situation en matière de développement durable pour l’année 2016.

L’an dernier, Madame BESSON se félicitait, je cite, « d’une nouvelle maquette du document plus aérée, plus lisible. » Nous sommes au regret de constater, Monsieur le Maire, que la lisibilité du document est sérieusement entamée aujourd’hui. L’emploi de l’écriture inclusive, mise en avant lors de la présentation du rapport en Commission, en complique sérieusement la lecture. Nous partageons les avis des ministres de l’Éducation nationale et de la Culture sur ce sujet, sans oublier celui de la Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Tous ces membres du gouvernement, soutenu par votre majorité municipale, Monsieur le Maire, s’opposent à cette utilisation, n’y voyant pas d’intérêt, abîmant même la cause de l’égalité femmes-hommes. Ne soyons donc pas plus royalistes que le roi.

Ceci dit, revenons au rapport lui-même. Depuis l’an dernier, des indicateurs sont affichés clairement et présents pour chaque chapitre. C’est quelque chose que nous avions d’ailleurs souligné l’an dernier comme un point positif de ce rapport. En revanche, nous pouvons nous inquiéter de leur évolution. Certains ont changé par rapport à l’édition 2015, ce qui fausse ou rend très difficiles les comparaisons. Par exemple, sur la participation citoyenne, vous nous présentez cette année le nombre d’inscrits dans les conseils de quartier, sans indiquer les départs, alors qu’auparavant figurait le nombre de réunions publiques. Même chose pour la biodiversité, nous avions les espaces verts et de nature. Cette fois, ce sont tous les espaces verts publics qui sont mis en avant. Il était précédemment question d’espaces publics, y compris les cimetières et les terrains de sport. Peut-être avez-vous jugé que les indicateurs choisis précédemment n’étaient pas satisfaisants, mais il aurait fallu nous expliquer les raisons.

Ensuite, la pertinence de ces indicateurs nous interpelle. Que signifie le nombre de personnes accueillies physiquement ou téléphoniquement par les Antennes Solidarités, et surtout la baisse de ce chiffre ? Est-il synonyme, Monsieur le Maire, d’une diminution de la pauvreté sur notre territoire ? Nous aimerions que ce soit le cas, mais nous ne le croyons pas. Il serait alors peut-être plus intéressant d’avoir un indicateur basé sur le résultat de l’action des antennes sociales, ce qui apparaîtrait plus logique.

Même chose pour la santé et l’environnement, où vous nous présentez le nombre d’enquêtes sanitaires et le nombre de prélèvements et d’analyses. Que signifie de passer de 6 000 enquêtes à 7 649, et de 4 640 prélèvements à 3 110 ? Cela signifie-t-il que nous sommes en capacité de réaliser entre 10 000 et 11 000 enquêtes ou prélèvements par an, et ce, quoi qu’il arrive ? Des indications sur les polluants et leurs seuils seraient beaucoup plus utiles à nos yeux.

Enfin, ces indicateurs sont orphelins sans objectif en parallèle. Sur le label Lyon Ville Équitable et Durable, il concerne 210 structures contre 200 en 2015 et 170 en 2014. Quel est l’objectif ? Y en a-t-il un ? Prenons également le nombre de personnes accueillies dans le cadre des animations pédagogiques de Lyon Nature. En l’espace de quatre ans, nous passons de 31 000 personnes à 17 000. Aucune explication n’est apportée, et comme nous ne connaissons pas l’objectif, nous aurons des difficultés à en discuter.

Comment, dès lors, mesurer l’ambition de votre politique dans ces différents domaines ?

Une seconde interrogation porte sur la stratégie de développement durable de la Ville, car nous peinons à la déceler dans ce rapport. Nous avons toujours un peu le sentiment d’un retour au catalogue. Il est certes difficile d’éviter l’écueil, mais une stratégie clairement définie permettrait d’en faire la colonne vertébrale d’une politique, et de donner un fil conducteur au rapport. Il manque également l’analyse des parties prenantes. Quelles sont les attentes vis-à-vis de la Ville ? Comment les satisfaire ? Quelles sont, une fois encore, les priorités ? Cet élément est indispensable pour l’établissement de la stratégie.

Dernier point, enfin, vous mettez en avant le renouvellement de la certification 14001 de la Direction des Espaces Verts pour son management environnemental. Très bien, mais pourquoi d’autres directions ne s’engagent-elles pas dans une certification ? Cela ferait preuve d’ambition. En allant plus loin, rêvons un peu, Monsieur le Maire, s’engager, comme beaucoup de villes du monde aujourd’hui, dans une certification ISO 26000, illustrerait la responsabilité sociétale de notre Ville. Aussi, Monsieur le Maire, vous garantiriez aux Lyonnais la sincérité de votre démarche de développement durable. Bref, l’adéquation des pratiques avec le discours.

Je vous remercie.

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