Rapport annuel 2018 développement durable

Retrouvez l’intervention de Pierre Bérat lors du conseil municipal du 18 novembre 2019

Monsieur le Maire,

Cet exercice annuel de présentation du rapport développement durable, voulu par la loi, ne doit être ni une formalité, ni un rituel, ni un exercice convenu.

Ce doit être effectivement une étape permettant de s’assurer que nous suivons le bon cap pour donner aux Lyonnais le cadre et les conditions de vie les plus favorables, d’une façon équilibrée, et que nous le faisons au bon rythme, c’est-à-dire, compte tenu des enjeux auxquels nous faisons face, à un rythme soutenu.

Pour prendre une image sportive, ce devrait être un peu comme un programme de coaching qui vise à préparer un athlète pour une grande compétition. Comme dans un programme de coaching sportif, il s’agit de se donner des objectifs précis de performance, une stratégie pour les atteindre et des éléments de mesure qui permettent de s’assurer que l’on progresse bien.

Malheureusement, comme les années précédentes, à la lecture de ce rapport 2018, des manquements évidents apparaissent et il semble difficile d’affirmer que notre ville avance au bon pas dans la bonne direction.

Premier constat, il est un sujet important dans une logique de développement durable, pour lequel on manque toujours de mesure de la progression. C’est celui de l’efficacité énergétique de nos bâtiments. Comment faisons-nous pour réaliser des économies de consommation ? Comment faisons-nous pour que ces bâtiments soient plus efficaces ? Bien difficile de le dire à la lecture de ce rapport. Certains des indicateurs de suivi sont toujours faux, malgré notre alerte de l’année dernière, rien n’a été changé. D’autres ne sont plus renseignés, comme si l’on voulait masquer un échec. Comment, dans ces conditions, peut-on piloter notre action publique ? C’est comme si un champion de triathlon ne mesurait pas l’amélioration de sa performance sur le 10 kilomètres.

Deuxième constat, on note que certains sujets sont négligés, tout particulièrement celui de la tranquillité prévention. Et pourtant, la sécurité et la quiétude sont bien des éléments socles pour assurer un développement équilibré de notre ville. Et pourtant, les statistiques, l’actualité, l’expression de nombreux collectifs d’habitants montrent bien que les choses ne vont pas sur ce sujet, qu’elles se dégradent. La délinquance et le laissez-allez général progressent et dérivent vers des situations de plus en plus graves. La situation est grave, mais votre rapport n’y consacre que 2 pages sur un rapport de 68, et encore, vous voyez que le blanc est très important sur ces pages-là. Cela montre bien le peu de contenu de l’action. Si, Madame Dounia BESSON, 2 pages sur les 68, avec beaucoup de blanc autour de belles images. On voit bien que cette dimension n’est pas une priorité assumée par votre majorité. Et le seul indicateur de suivi présenté, celui du nombre de travaux d’intérêt général pour réparer des délits baisse de nouveau cette année.

Le sujet n’est donc pas suffisamment traité par la municipalité, et pour reprendre l’image sportive, c’est comme si le même champion de triathlon faisait l’impasse sur la natation dans son programme de coaching.

Alors, cette situation est sans doute due à un manque de volonté et certainement à un manque de cohérence dans votre majorité. Je me souviens encore des propos de votre Adjoint CORAZZOL, dans le 3e arrondissement, quand nous évoquions les problèmes autour de la place Sainte-Anne en matière de nuisances et de trafic, et qui nous disait : « Il faut bien que jeunesse se passe et les Lyonnais sont de plus en plus exigeants. »

Un indicateur pertinent de votre rapport, je le suggère pour les années futures, pourrait être le nombre de conseillers municipaux de votre majorité qui pensent qu’il y a un problème de délinquance dans cette ville. Je pense que ce serait intéressant de le suivre. Je ne suis pas persuadé que nous soyons aujourd’hui au-dessus de 50 %.

Enfin, troisième constat, il y a des indicateurs qui marquent un recul de notre performance, sans que des conclusions soient tirées.

En page 13, votre rapport se félicite de la réflexion engagée sur la lutte contre les rats lors des Rencontres de l’Université citoyenne. Mais quand on va voir les indicateurs, de 2017 à 2018, le nombre d’opérations de dératisation a été divisé par trois. Pour quelle raison ? Quelle analyse on en tire ? Aucune. Parler toujours pour moins agir.

Autre exemple sur un sujet hautement stratégique pour notre développement social, celui de l’insertion des jeunes à l’emploi. Le nombre d’accès à l’emploi est en baisse régulière depuis trois ans, – 12 % en 2018. Quelles conclusions politiques nous en tirons ? Bien malin qui peut le dire à la lecture de ce rapport. Là encore, pour reprendre la métaphore sportive, c’est comme si notre champion de triathlon au fil de ses entraînements perdait deux minutes pour ses 40 kilomètres sans se poser de questions.

Une fois encore, ce rapport montre d’importantes lacunes dans la démarche de développement durable de notre ville. Ce constat étant fait, il faut s’interroger sur les causes pour y remédier. Je dirais que l’incohérence de votre majorité, facteur d’objectifs flous et de volonté molle, a une belle tête de coupable.

Merci.

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