Rapprochement des antennes sociales de Lyon avec les Maisons de la Métropole


Monsieur le Président, chers collègues,

En préambule, je souhaite affirmer que le rapport 2420 ne peut être considéré comme simplement lyonnais et le rapport 2421 comme simplement feyzinois. Ces expérimentations ne se veulent ni imposables ni même modélisables mais elles affecteront le fonctionnement de la Métropole, aujourd’hui certes mais aussi demain, dans l’évolution nécessaire des relations aux habitants, aux bénéficiaires. En ce sens, ces rapports concernent tous les élus métropolitains.

Le contrat territorial Métropole/Ville de Lyon, issu du pacte de cohérence métropolitain porte l’expérimentation qui associe le CCAS de la Ville de Lyon et la Métropole pour partager les lieux et surtout associer les équipes des antennes Solidarités lyonnaises et des Maisons de la Métropole situées sur le territoire de la Ville. La convention entre le CCAS lyonnais et la Métropole crée l’espace d’accueil et d’accompagnement social. Elle liste les missions déléguées, précise les modalités de mise à disposition, de financements. Elle organise la gouvernance et l’évaluation.

Concrètement, sur les quatre territoires métropolitains de la Ville de Lyon et sur dix-huit sites, l’accueil social sera unique pour tous les habitants bénéficiaires. Clairement aussi, il n’y a pas fusion, il y a bien la politique sociale de la Commune et la politique sociale de la Métropole mais il y a la possibilité de mieux coordonner, de rendre plus efficace l’action sociale qui est voulue en commun. C’est un guichet unique du social pour accueillir, informer, orienter.
Alors, plusieurs observations.

Première observation : parce qu’elle mutualise les moyens humains et matériels et qu’elle vise à une prise en charge plus globale et simplifiée, cette nouvelle organisation est positive et nous soutenons cet engagement pour une action publique plus cohérente, plus lisible et plus efficace dans l’utilisation des moyens.

Deuxième observation : personnellement, je ne peux que saluer cette conversion de la Ville, ayant eu, en tant que Vice-Présidente du Conseil général, bien des difficultés à mettre en œuvre à Lyon les politiques territoriales et à coordonner, notamment en matière de prévention et singulièrement en matière de prévention spécialisée.

Troisième observation : on ne part pas de rien. J’ai évoqué la part de territorialisation déjà mise en place mais surtout des liens existent déjà et les échanges permettent la coordination des actions. Et je crois qu’il faut ici saluer les agents présents et passés pour leur engagement. C’est ce dont beaucoup peuvent ici témoigner même si d’autres mettent en avant parfois l’obstacle des cultures différentes et la tendance à défendre la singularité de sa mission et de son action.

Quatrième observation : associer des équipes venues de structures différentes et qui y restent rattachées est un objectif ambitieux dont il ne faut pas nier la difficulté. Cela nécessitera beaucoup d’échanges, de mises au point et donc de temps à passer. Il ne faudra pas que cela soit au détriment du temps à consacrer aux différents publics qui ont besoin d’un accueil, d’un accompagnement par des professionnels disponibles.

Cinquième observation : faire fonctionner cet espace territorialisé nécessitera une forte gouvernance dont nous notons la complexité. Une gouvernance globale pour assurer la cohérence et une gouvernance locale pour assurer l’efficacité. Veillons à ne pas laisser la technostructure prendre le pas sur la proximité. J’ai lu, entendu souvent, que Ville et Métropole ont à coeur humanisme, proximité et solidarité ; le déclarer, c’est bien, mais le porter au quotidien, c’est moins bruyant mais c’est mieux.

Sixième observation : expérimenter suppose évaluer et donc bâtir en amont les outils de l’évaluation. Ils sont à venir et un rapport d’activités est prévu à l’issue de la première année. Revenir devant l’assemblée pour faire le bilan et débattre des orientations nous semble donc nécessaire.

Enfin, septième et dernière observation : un peu en écho aux propos de Zorah Aït-Maten, j’ai pu dire en d’autres lieux que cette expérimentation, aussi intéressante et prometteuse qu’elle peut être, restait modeste. Mais je l’ai dit en référence à l’idéal de prise en charge globale, dont on a bien conscience de l’impérieuse nécessité. Cela concerne surtout la coordination de politiques principalement métropolitaines. Et cela se heurte à la réalité de dispositifs qui fonctionnent souvent en silos et à la nécessaire spécialisation des agents en raison de la complexité des sujets.

Le chemin sera long mais je pense que nous faisons les premiers pas.
Merci.

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