Rythmes scolaires : c’est un peu court

Intervention de Dominique Nachury lors du conseil municipal de Lyon du 29 janvier 2018 à propos des futurs rythmes scolaires et de la concertation menée

Monsieur le Maire, mes chers Collègues, j’accroche à ce projet de délibération qui concerne les maisons de l’enfance et parce qu’elles ont été et sont parties prenantes du sujet, une réaction, des réflexions sur la consultation conduite par la Ville pour l’organisation de la semaine scolaire et sur sa restitution.

J’aurais souhaité le faire en commission mais Monsieur l’Adjoint, par ailleurs président de la commission, ayant dû quitter la réunion après l’examen du dossier concernant sa délégation, je pensais qu’il n’était pas opportun de le faire lors de cette commission en son absence.

Le bilan de la consultation et sa présentation ont suscité des réactions diverses. Aux conclusions produites et aux propos entendus, j’ai eu envie de répliquer un peu comme Cyrano « c’est un peu court ». Je n’ose pas le « jeune homme ». « On pouvait dire » et là je laisse aussi Dieu en dehors du sujet « bien des choses en somme, en variant le ton, par exemple ».

Descriptif :
– 500 personnes présentes aux réunions tenues dans les 9 arrondissements ;

– 1 576 participants à la plateforme numérique avec moins de 2 000 contributions ;

– tout cela pour 22 000 familles lyonnaises concernées par l’école primaire publique.

Curieux :
Pourquoi ne pas avoir consulté plus largement les parents, les enseignants, les agents de la Ville ? Certaines écoles ont, de leur propre initiative, organisé une consultation de l’ensemble des familles avec des retours satisfaisants. Beaucoup de communes ont questionné sans l’intermédiaire parfois complexe de la contribution internet.

Prévenant :
Pouvons-nous, pouvez-vous ignorer tout ce qui remonte du terrain :

– sur la situation différente de la maternelle et de l’élémentaire ?

– sur la nécessité d’apporter plus de cohérence au sein des établissements entre les différents temps et les différents acteurs ?

– sur la grande disparité des locaux scolaires quant à leur surface, leurs équipements, leur environnement ?

Dramatique :
Où est l’intérêt de l’enfant que l’on évoque si souvent mais qui cède si souvent devant les impératifs des institutions, des adultes, des habitudes, des finances ?
Comment analyser la désaffection et le faible taux d’inscription au périscolaire dans certains quartiers de la ville ? Et nous ne parlons pas du taux de présence (qui est distinct de l’inscription) puisque malgré notre demande, il ne nous a pas été communiqué.

Naïf :
Il eût été intéressant de ne pas se limiter au choix binaire du statu quo – statu quo ante et d’ouvrir, même un peu, les possibles, comme la réduction du temps d’enseignement l’après-midi. Ne serait-ce que pour l’étudier.

Pratique :
Puisque choix binaire il y a. Peut-on envisager que tout ne soit pas « ficelé », comme cela est présenté et par exemple, discuter de l’amplitude de la pause méridienne et de son organisation, ou du séquençage des temps périscolaires du soir ?

Et puis, beaucoup de questions restent posées, dont les réponses auraient sans doute influencé les choix, comme le repas du mercredi dans le scénario 1, ou le coût du périscolaire et ses modalités d’inscription (annuelle ? modulable sur la semaine ? etc…).

Les Conseils d’école sont appelés à se prononcer dans des conditions pas toujours satisfaisantes. Mais quand le cadre sera connu, il serait bienvenu que les modalités d’organisation continuent à faire l’objet d’études et de dialogues.

En regrettant de n’avoir pu mettre cela en alexandrins, je vous remercie d’avoir prêté attention à ce qui n’était pas de « folles plaisanteries ».

Je vous remercie.

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