Subventions compagnies de Théâtre

Je souhaite tout d’abord profiter de cette délibération pour honorer publiquement la mémoire de Valentin Traversi. Vous l’aviez fait pour Robert Luc. Valentin Traversi était un acteur et metteur en scène de talent. Il a disparu récemment comme vous le savez. Je souhaite aussi vous questionner sur notre politique culturelle.

Tout d’abord Valentin : il est rare d’avoir une telle passion pour son métier. Comme d’autres peut-être ici, nous parlions fréquemment de sa passion pour le théâtre qu’il se plaisait à qualifier de populaire. Avec sa disparition nous avons perdu plus qu’un ami. Nous avons perdu vraisemblablement une conscience en alerte sur le rôle de la culture populaire, sur l’importance de la culture dans la construction de chacun notamment des plus défavorisés. La culture est un formidable levier d’émancipation sociale. Sans culture, pas de projets collectifs quels qu’ils soient. Conscience enfin que la culture enfin peut s’enorgueillir d’être populaire, accessible et pour autant très ambitieuse sur le plan des idées. Valentin défendait ces aspects et je les défends aussi.

En lisant votre projet, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à lui, à ses coups de cœur et ses coups de gueule également. En matière de coups de gueule il en avait un notamment que je partage entièrement, c’est le suivant. Pourquoi consacrons nous autant de moyens à un nombre aussi limité de grandes institutions culturelles lyonnaises qui certes participent au rayonnement de notre ville et métropole, mais touchent finalement un nombre restreint de lyonnais. Par voie de conséquence, pourquoi aidons nous si peu les équipes artistiques lyonnaises comme les compagnies locales de théâtre qui rythment notre territoire, en se limitant à quelques miettes budgétaires. Je rappelle ici qu’il s’agit aujourd’hui de 281 000 € qui représentent seulement 3 % du budget cumulé et 38 compagnies dont vous venez de nous parler pour un budget total de 9 165 537 €.

Comparativement, une institution comme l’opéra, forte honorable et j’ai le plaisir moi-même de la fréquenter avec d’autres d’ailleurs, est aidée par la Ville de Lyon à plus de 45 % de son budget qui est de 37 millions d’€, sans compter les subventions provenant d’autres collectivités. Si on les compte, c’est pratiquement 30 millions de subventions sur 37 millions. Je vous fais grâce d’autres exemples tout aussi édifiants, également de tous ceux qui n’auront pas de subventions. Je me tourne vers vous une nouvelle fois au sujet de cette politique culturelle avec une question fort simple : peut-on espérer une prise de conscience de ce déséquilibre, une inflexion, un soutien plus fort à des compagnies de théâtre, quitte à réduire à budget constant l’aide accordée aux grandes institutions lyonnaises ?

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