Un parrainage avec une curieuse contrepartie

Intervention de Stéphane GUILLAND lors du conseil municipal de Lyon du 26 mars 2018 à propos des conditions de parrainage de l’exposition Warhol par le Sytral et Keolis

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Je voulais m’associer aux propos de votre Adjoint, pour saluer cette future exposition, qui est de qualité. La presse nationale l’a d’ailleurs déjà saluée. C’est assez intéressant pour être signalé.

Monsieur le Maire, j’ai eu le loisir de me plonger dans le détail de cette convention entre le SYTRAL et la Ville de Lyon, convention somme toute très classique. Il s’agit d’échanges de bons procédés. Dans la convention – je pense que tous mes collègues n’en ont pas lu le détail, donc je vais leur faire un petit résumé –, nous trouvons des éléments très classiques côté SYTRAL : la mise en place de canaux de promotion habituels, les crochets de bus, la newsletter des abonnés, le site TCL, ce qui sera très bien pour cette exposition. Au titre de la Ville de Lyon, titre qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui, nous voyons arriver la mise en avant de la marque SYTRAL sur les supports de l’exposition, ce qui est normal à titre de compensation, les affiches, les flyers, la bâche extérieure, 25 invitations pour le vernissage. Nous y voyons également des entrées à l’exposition à des conditions avantageuses, ce qui est bien, 26 pour le vernissage et 200 pour l’exposition, principalement pour le personnel des TCL et du SYTRAL, ainsi que quatre visites guidées, ce qui peut permettre à une centaine de personnes de voir cette magnifique exposition. Jusque-là, me direz-vous, Monsieur le Maire, tout est à peu près normal.

C’est là qu’arrive la chute. Il y a aussi, dans cette convention, un dîner pour quatre personnes au titre des compensations dues par la Ville de Lyon, dont, honnêtement, je ne comprends pas bien ce qu’il vient faire là. Nonobstant le prix élevé du dîner, 400 euros hors taxes pour quatre personnes, nous pouvons nous interroger sur la pertinence d’une telle dépense. Nous pouvons nous interroger sur l’impact de cette dépense sur la visibilité de l’exposition, qui est quand même l’objectif de la convention. Cet impact est probablement nul, peut-être le restaurateur viendra-t-il la voir, mais je n’en suis même pas certain. La deuxième question que nous pouvons nous poser est de savoir s’il relève du rôle de la Ville de Lyon de participer au budget des frais de bouche du SYTRAL. Là encore, la réponse doit être probablement non.

Nietzsche disait : « Le diable se loge souvent dans les détails. » Je crois que c’est un peu le cas aujourd’hui. Pour cette raison, nous nous abstiendrons sur cette convention, Monsieur le Maire.

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